Editions BEAUCHESNE

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08 - LA SAVOIE

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Date d'ajout : jeudi 14 janvier 2016

par Maurilio GUASCO

REVUE : REVUE D'HISTOIRE ECCLÉSIASTIQUE, avril 1998

Le Dictionnaire du monde religieux se révèle toujours plus comme un instrument indispensable pour connaitre l'histoire religieuse française des deux derniers siècles, pour en connaitre surtout ces protagonistes pas toujours évoqués par les historiens et qui représentent la base fondamentale de la vie de l'Église et de toute institution.
Selon les critères désormais connus, le Dictionnaire publie des volumes consacrés à des catégories homogènes (les jésuites, les protestants) et des volumes régionaux. Ces derniers contiennent, outre des biographies des protagonistes des événements locaux et nationaux, d'amples introductions qui permettent de situer ces personnages dans leur contexte et aussi de connaitre les divers aspects de l'histoire régionale des deux derniers siècles.
Le volume sur la Savoie présente la même structure : une introduction historique, œuvre du responsable du volume, C. Sorrel, qui est aussi l'auteur de nombreuses notices biographiques, puis les biographies dans l'ordre alphabétique de 523 personnalités, dont 425 individuelles et 39 collectives ou familiales.
Le cadre chronologique est celui du Dictionnaire, du début du 19e s. aux années 60 du 20e. Les critères de choix sont énoncés par C.S. : « Savoyards actifs dans leur province d'origine, Savoyards qui accèdent à un rayonnement national ou s'illustrent au loin, personnalités venues d'ailleurs jouer un rôle dans la vie régionale ».
La liste des personnalités donne déjà par elle-même une indication pour comprendre l'histoire religieuse et l'ecclésiologie : on compte 476 hommes et 47 femmes, et, parmi les hommes, 334 appartiennent au clergé séculier et régulier tandis que, parmi les femmes, 30 appartiennent à des congrégations religieuses. Un tel choix, apparemment trop ecclésiastique, est en quelque sorte obligé. Pour beaucoup de personnes, surtout des laïcs qui ont pourtant été actifs dans diverses institutions, il est très difficile de trouver des données écrites et dignes de foi. En outre, il est typique de la vie de l'Église à l'époque de donner la plus grande place aux prêtres, puis seulement aux laïcs. Et il faut attendre les années récentes pour que la présence féminine devienne significative.
Un petit espace (9 noms) est consacré aux confessions chrétiennes autres que la catholique, peu présentes sur un territoire majoritairement catholique, et sont pris également en considération des « adversaires » de l' l'Église (10 personnes), dont Le rôle a été particulièrement important. Est toutefois évoquée la présence de l'Église orthodoxe, de la communauté hébraïque et de l'islamique, tandis qu'apparait à l'horizon la nouveauté de la présence bouddhiste.
La région a subi sur les deux siècles des modifications importantes.
Entre 1792 et 1793, les événements révolutionnaires conduisent à la suppression des cinq diocèses de la région, qui sont réunis dans celui d'Annecy. Avec le concordat de 1801, le siège est transféré à Chambéry et Genève est réintégrée. La fin de l'empire napoléonien entraine le retour de la région au royaume de Piémont, et Genève est rattachée au diocèse de Lausanne. Les anciens diocèses renaissent en peu d'années et subissent des remaniements lors de l'annexion à la France en 1860. Il se passe un siècle avant qu'on ne parle de nouveau de regroupements des diocèses, pour des motifs non plus politiques mais pastoraux. En 1966, ce changement aboutit à la naissance de l'unique diocèse qui regroupe Chambéry, Tarentaise et Maurienne, sous l'autorité d'un seul évêque qui conserve les trois titres.
L'introduction historique suit ce parcours, en rappelant les diverses modifications du 19e s. et en analysant les difficultés provoquées par le nouveau cours des choses adopté par le Piémont dans sa politique religieuse pendant les décennies qui précèdent l'unité italienne, puis les années de la reconstruction jusqu'aux difficultés, cette fois d'origine française, liées à la dénonciation du Concordat et à la Séparation du début du 20e s., pour suivre ensuite le grand développement des mouvements laïcs et le traumatisme de la Seconde Guerre et de la Résistance.
Ces événements reviennent dans les notices biographiques, qui ont été préparées par 34 collaborateurs, parmi lesquels 4 sont décédés pendant la préparation de l'ouvrage (dont Marius Hudry, un des grands promoteurs de la vie culturelle de la Tarentaise au 20e s.). On y trouve des personnages dont l'influence et le nom n'ont pas dépassé les limites de la région, d'autres qui ont eu un rôle important dans l'histoire civile et religieuse pas seulement nationale. Il y a un certain nombre d'évêques missionnaires, dont se détache le nom du cardinal Duval, l'homme qui consacra toute sa vie à faire naître une Église algérienne. On relève encore le cardinal Garrone, personnage important, d'abord au sein de la Conférence épiscopale française, puis dans le déroulement du concile Vatican II, ensuite à Rome comme préfet de la Congrégation pour l'éducation catholique. Parmi les ecclésiastiques, religieux et séculiers, un certain nombre devinrent enseignants dans diverses institutions et universités catholiques de France ; quelques-uns, comme Michel de Certeau, font partie de l'élite de la culture européenne de notre siècle. Il y a des évêques qui, après avoir été actifs dans la région, ont été nommés à d'autres sièges, y assumant un rôle de protagonistes. On pense à Mgr Charvaz, précepteur du futur roi d'Italie Victor-Emmanuel, évêque de Pignerol puis de Gênes ; ou au cardinal Mermillod, évêque de Lausanne et Genève, grande figure du catholicisme social ; on pense encore au célèbre évêque d'Orléans, Mgr Dupanloup, interprète du Syllabus de Pie IX, à Mgr Turinaz, évêque de Tarentaise puis de Nancy, polémiste enflammé campant sur des positions très différentes de celles d'un autre évêque de Tarentaise, Mgr Lacroix, lié d'amitié avec plusieurs personnages suspectés de modernisme, personnalité importante dont la biographie mériterait une recherche approfondie.
Quelques personnalités laïques sont également significatives : depuis Joseph de Maistre, le diplomate bien connu, auteur entre autres du célèbre ouvrage Du Pape, jusqu'à un auteur dont les volumes d'histoire de l'Église eurent un grand succès en leur temps, Henri Petiot, plus connu sous le pseudonyme de Daniel-Rops.
Le volume, fruit du travail de tant de collaborateurs et surtout du soin de C. Sorrel, représente donc un instrument utile pour tous les chercheurs en histoire, et pas seulement en histoire religieuse.


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