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04- LA PASSION DES JONGLEURS

04- LA PASSION DES JONGLEURS

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Date d'ajout : mardi 02 mai 2017

par lisabeth LALOU

BIBLIOTHÈQUE DES L'ÉCOLE DES CHARTES, 141, 1983

La Passion des jongleurs constitue le point de départ de la grande tradition de la passion dramatique. Elle est en effet la source principale des premières passions dramatiques de langue française (Passion d'Autun, Passion du Palatinus). C'est un poème narratif anonyme qui remonte à la fin du XIIe ou au début du XIIIe siècle et qui a dû faire partie du répertoire des jongleurs.
Sa popularité semble avoir été importante, à en juger par le nombre des manuscrits dans lesquels elle est conservée (« environ vingt-six »). A ce jour, deux versions seulement en avaient été éditées, en 1909 et 1913, la dernière édition s'intéressant surtout à la Passion des jongleurs en tant que source des passions anglaises. A. Perry a consacré son édition au texte de la Passion des jongleurs qui a été inséré par Geufroi de Paris dans sa vaste compilation d'histoire sacrée intitulée Bible des sept estaz du monde (fol. 92-126 du ms fr. 1526 de la Bibliothèque nationale).
Composée dans un milieu clérical, la Passion des jongleurs a été produite par un auteur assez savant qui a utilisé les évangiles authentiques et apocryphes, mais aussi certains textes patristiques, de Comestor, de saint Bernard et du pseudo-Anselme. L'auteur a recueilli en même temps toute une série de légendes sans doute populaires, qui apparaissent pour la première fois dans son œuvre ; A. Perry a recherché très précisément ces sources multiples et la présentation, qui suit l'analyse de la Passion des jongleurs, en est très claire. Ses références sont très nombreuses et elle n'a pas hésité non plus à se rapporter aux représentations iconographiques des légendes dont elle a recherché la source. Parmi un foisonnement d'origines diverses, on se rend fort bien compte de l'évolution de la formation des légendes promises à un grand succès dans les passions et les mystères du XIVe et du XVe siècle.
Comme l'indique son titre, la Passion des jongleurs est une œuvre destinée à être récitée ou lue en public par des jongleurs ou des exécutants professionnels et elle participe donc à la technique orale commune aux épopées et aux vies de saints. On y retrouve à la fois les « recettes de la rhétorique latine » et « la structure narrative des romans et autres récits en langue vulgaire ». A. Perry étudie l'usage des temps du verbe, qui est un aspect de la structure narrative assez bien connu pour les chansons de geste. Les traces d'une présentation orale sont nombreuses dans le texte : en particulier son exécution orale est confirmée par le nombre prépondérant d'interventions personnelles de l'auteur et du jongleur (telles que les annonces et les appels au public, les exclamations, les affirmations de véracité, les expressions d'opinion ... ) dont A. Perry a dressé la liste.
Enfin, la Passion des jongleurs est un texte semi-dramatique. Elle devait être lue, exécutée ou représentée par des jongleurs qui usaient déjà de procédés semi-dramatiques, tels les changements de voix, les jeux de physionomie, les gestes, ainsi que d'accessoires pour désigner des personnages, par exemple des images saintes. De même les passions d'Autun et du Palatinus, qui sont « de la famille de la Passion des jongleurs », ne faisaient probablement pas encore l'objet de représentations pleinement dramatiques. Elles devaient être mimées par des acteurs et « menéesß» par un récitant qui disait les passages narratifs. A vrai dire, les limites entre la narration et le drame sont assez floues et A. Perry a le mérite d'avoir rapporté les opinions contradictoires émises à propos des conditions des représentations de ces premières passions.
Après cette introduction fort bien menée et très documentée, enrichie encore d'une étude de la langue du texte, l'édition de la Passion des jongleurs, qui n'existe donc pour cette version que dans un seul manuscrit, se lit facilement à l'aide d'un glossaire bien fait.
On peut faire néanmoins deux reproches à cette bonne édition. On aurait aimé trouver dans l'introduction un tableau, même résumé, du classement des divers manuscrits du texte les uns par rapport aux autres. On peut regretter aussi que les relations de la passion étudiée avec les autres passions postérieures ne soient évoquées qu'à propos de la mise en scène. Mais ces restrictions n'enlèvent rien aux mérites de cette fort bonne édition qui facilite l'accès à un texte très important pour l'étude du théâtre médiéval.


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