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12. LE TEXTE COMME OBJET PHILOSOPHIQUE

12. LE TEXTE COMME OBJET PHILOSOPHIQUE

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Date d'ajout : mardi 21 février 2017

par Guy BOUCHARD

LAVAL THÉOLOGIQUE ET PHILOSOPHIQUE, Vol. 47, 1, février 1991

Deuxième volume de la collection « Philosophie » animée par un groupe d'enseignants de la Faculté de Philosophie de l'Institut catholique de Paris, cet ouvrage se propose, selon son présentateur Jean Greisch, d'effectuer un « repérage philosophique » des théories du texte.
Premier article du volume, le plus fouillé et le plus magistral, « Le moment du texte », de Francis Jacques, en constitue en même temps la première sortie. Contestant d'emblée le privilège de la linguistique et la primauté du texte littéraire, Jacques propose de « réinscrire la question à l'intérieur du processus de signifiance, en reconstituant pour lui-même le mouvement de textualisation qui nous conduit aux divers discours écrits, et à chaque fois aux textes remarqués » (pp. 16-17). Thématisant le déclin de l'idéologie du texte absolu, il sollicite la pragmatique pour définir le mouvement de la textualisation en faisant droit au travail du hors-texte dans le texte : « quelque chose excède le texte dans le texte même » (p. 34).
Intitulée « Texte, langage, communication », la seconde partie s'ouvre avec une étude de Marie-Dominique Popelard portant le même titre et qui, après avoir « raisonné la polysémie du terme (texte) », cherche « les meilleurs dessinateurs pour la carte et le tracé des limites du territoire qui intéresse le concept », autrement dit, tente de « cerner le champ inter théorique concerné » avant de formuler « quelques problèmes qui seront à y résoudre » (p. 90). Quant à Jean-Pierre Desclés et Zlatka Guentchéva, ils défendent, à l'encontre de H. Weinreich, la nécessité pour une grammaire du texte, de s'appuyer sur une analyse détaillée des formes et valeurs des marqueurs grammaticaux ; leur exemple est celui du domaine aspecto-temporel, et plus particulièrement de l'opposition entre le passé simple et l'imparfait.
La troisième section, « Les destinations du texte », prend en compte « aussi bien les usagers du texte, lecteurs, interprètes, auditeurs de toutes sortes, que l'histoire de son efficience » (Greisch, p. 7). Laurent Cornaz, en référence au milieu scolaire, interprète l'histoire de l'écriture comme un long parricide. Pierre-Jean Labarrière voit dans le texte une réalité de médiation dont le destin se décide à sa capacité d'engendrer d'autres textes. Et Gwendoline Jarczyk étudie ces éléments qui, sans faire partie du texte, sont indispensables à son existence, autrement dit le hors-texte, dans les textes performatifs et constatifs, puis dans ceux qui excèdent cette dichotomie.
Consacrée au « Travail du texte », la dernière partie porte en principe (car certains articles débordent largement cette perspective) sur des textes littéraires, et noue par conséquent un dialogue avec la critique littéraire. À l'aide des concepts de mimèsis et de répétition, et en mettant en parallèle certains propos de Ricœur et de Kierkegaard, François Bousquet étudie la reprise du monde vécu permise par le texte. Jean-François Catalan interroge la relecture psychanalytique des textes littéraires pratiquée par Jean-Bellemin Noël et Sarah Kofman, à qui il reproche d'occulter l'auteur, le « père du texte ». Catherine Perret propose un commentaire de certains propos de Walter Benjamin à propos du texte. Enfin, en s'inspirant de Paul Ricœur et de Francis Ponge, Jean Greisch défend, à l'encontre de la mise à l'écart derridienne de l'être par le texte, une théorie herméneutique de la textualité.
Dans l'introduction de sa contribution, Francis Jacques écrit : « il faut à la fois fixer le bon niveau de généralité et incorporer dans le concept de textualité ses traits d'exception et de spécificité selon chaque texte » (p. 16). S'il fallait appliquer ce précepte à chacun des articles de cet ouvrage, il n'est pas évident que tous atteindraient à la généralité requise par le point de vue philosophique. Mais suffisamment d'entre eux y parviennent pour que celles et ceux qui s'intéressent à la théorie (philosophique) du texte y trouvent matière à alimenter, sinon orienter, leurs réflexions.


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