Editions BEAUCHESNE

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13- PARIS-CANTORBÉRY (1717-1720). Le dossier d'un premier œcuménisme

13- PARIS-CANTORBÉRY (1717-1720). Le dossier d\'un premier œcuménisme

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Date d'ajout : mardi 22 août 2017

par M. CHEVALLIER

REVUE D'HISTOIRE ET DE PHILOSOPHIE RELIGIEUSES

Comme l'indique le sous-titre, l'ouvrage est la présentation d'un dossier composé surtout de lettres avec quelques autres documents. Il s'agit d'un intéressant dialogue bilatéral entre d'une part l'archevêque de Cantorbéry, William Wake, assisté de W. Beauvoir, chapelain de l'ambassade à Paris et d'autre part quelques théologiens de la Sorbonne et spécialement le Docteur Louis Ellies du Pin. Pendant quelques années ils tentèrent de faire progresser le principe d'une union entre l'Église catholique romaine de France et l'Église anglicane. Pour désigner ce projet, l'expression "un premier œcuménisme" n'est pas heureuse, sinon fausse. En effet, outre l'anachronisme du terme à cette époque, nombre d'autres dialogues et d'efforts en vue de l'unité chrétienne ont précédé cette démarche. On se bornera à rappeler les colloques du 16e siècle, comme celui de Poissy, ou, par exemple la correspondance, à la fin du 17e siècle, entre Bossuet et Leibniz. Peut-être peut-on excuser la prétention du titre, en notant qu'ici, pour la première fois, la plus haute autorité d'une Église se trouve impliquée dans un projet qui visait à l'union et qui aborda ouvertement les questions litigieuses de doctrine comme de disciple.
Les circonstances ecclésiastico-politiques semblaient favorables à ce moment-là. La France, sous Régence au lendemain de la mort de Louis XIV, se trouvait profondément divisée par l'Unigenitus, la nouvelle condamnation romaine dans l'affaire janséniste. C'est ainsi que Wake, le prélat britannique, pouvait espérer que la majorité du clergé français soutenant le jansénisme allait, dans son opposition à Rome, susciter une sécession de l'Église gallicane. Dans ce contexte la négociation, restée secrète, fut franche. Mais les autorités catholiques ne s'engagèrent pas et bien entendu Rome désapprouva totalement la démarche quand elle l'apprit. De son côté l'archevêque de Cantorbéry regretta de ne traiter qu'avec des théologiens certes fort zélés, mais n'ayant nullement le même degré d'autorité que lui et ne pouvant engager leur Église.
Le Commonitorium rédigé par Du Pin est un exemple vraiment intéressant des concessions que certains catholiques eussent été prêts à faire. Ce texte fut pourtant jugé inacceptable par le prélat britannique pour qui la rupture avec Rome constituait un préalable. Les uns et les autres avaient certainement le désir d'aboutir, mais leurs compréhensions respectives de l'Église présentaient une trop profonde opposition; l'affaire échoua, quelques mois après la mort du principal négociateur français Ellies Du Pin.
Le père Jacques Grès-Gayer est spécialiste de l'histoire catholique moderne et surtout de la Faculté de Théologie de Paris aux 17e et 18e siècles. Son travail de présentateur est considérable. Il fournit toutes les notes nécessaires aux textes, et des tableaux récapitulatifs complets des pièces du dossier : dates, partenaires, lieux où se trouvent les sources ; ainsi que la bibliographie et les index, A sa bonne introduction (40 pages) nous ferons quelques remarques critiques. Il emploie de façon ambiguë, comme le font certains catholiques, l'expression "les Églises réformées", pour dire "issues de la Réforme". Il procède souvent par allusion, comme si tous les lecteurs devaient être au courant par exemple des diverses circonstances de la seconde crise janséniste, ou des positions de tel professeur de la Sorbonne. Un autre regret, c'est qu'on ait laissé passer certaines négligences dans l'orthographe des noms (par exemple dans la note 14 de la page 5, pour Leibniz et F. Gaquère) ou de certains textes latins (p. 179, que pour quae ; p. 192, alii pour aliis; p. 223, venereor, pour veneror .. ,). Mais ce ne sont là que des vétilles, au regard du travail considérable de constitution et de présentation du dossier complet.
Ce sera certainement un élément utile pour l'histoire de l'œcuménisme, qui n'ignorait pas ce dialogue, mais dispose maintenant de tous les textes, Mgr. Runcie, encore archevêque de Cantorbéry au moment de la publication, a accepté de donner à l'ouvrage une brève préface, en hommage à William Wake, son prédécesseur.


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