Editions BEAUCHESNE

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07- DE LA BRETAGNE À LA SILÉSIE. Mémoires d’exil de Hervé-Julien Le Sage (1791-1800)

07- DE LA BRETAGNE À LA SILÉSIE. Mémoires d’exil de Hervé-Julien Le Sage (1791-1800)

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Date d'ajout : mardi 11 avril 2017

par Sgolne de DAINVILLE-BARBICHE

REVUE D'HISTOIRE RELIGIEUSE DE LA FRANCE

C'est une passionnante contribution à l'histoire des prêtres émigrés pendant la Révolution que nous donne X. Lavagne, en publiant ces Mémoires. L'auteur en est un certain Hervé-Julien Le Sage (1757-1832), né près de Saint-Brieuc et entré chez les Prémontrés de Beauport en 1777. Quand la Révolution éclata, il était prieur-recteur de Boqueho (Côtes-du-Nord), cure qui dépendait de l'abbaye de Beauport. Assez enthousiaste au début, jusqu'à accepter les fonctions de maire de Boqueho, Le Sage déchanta bien vite et refusa de prêter le serment requis par la Constitution civile du clergé, qui heurtait sa conscience selon ses propres dires. Comprenant que sa vie était désormais en péril, il émigra à Jersey dès le 18 juillet 1791. Après un bref séjour en Angleterre, il passa trois ans dans les monastères de son ordre aux Pays-Bas autrichiens. Chassé en juillet 1794 par l'avance des armées françaises, Le Sage traversa la Rhénanie, puis gagna la Souabe où il séjourna d'août 1794 à avril 1796 dans des monastères prémontrés. De là il parcourut la Suisse; mais en juillet 1796 les armées françaises envahissaient ce pays. Alors, fuyant toujours plus à l'Est, à travers la Franconie, la Saxe, la Silésie, jusque dans le palatinat de Sandomir, Le Sage finit par s'établir en mars 1797 à Czarnowanz (Czarnowas, Pologne) dans un monastère de religieuses prémontrées, après un périple de plus de 1 000 kilomètres accompli en bonne partie à pied. Il y resta jusqu'en 1802 et c'est là qu'il écrivit, à la demande d'une religieuse allemande, le récit de ses aventures, depuis sa fuite à Jersey jusqu'à son établissement dans le monastère de Czarnowanz. De retour en France en 1802, Le Sage devint chanoine de Saint-Brieuc (1806), prédicateur et auteur d'ouvrages théologiques et historiques assez virulents. Il mourut du choléra en 1832. Telle est la trame biographique des Mémoires (conservés aujourd'hui aux Archives de l'évêché de Saint-Brieuc), que retrace avec clarté X. Lavagne dans son introduction.
Sacrifiant au genre littéraire à la mode, Le Sage a rédigé ses Mémoires sous forme de lettres fictives, dans le style inégalé de son siècle, style qui n'est d'ailleurs pas exempt de traits d'esprit trop appuyés, voir d'enflures romanesques. Comme le souligne très justement X. Lavagne, ces Mémoires sont donc à utiliser avec prudence, d'autant plus que leur rédaction est postérieure de plusieurs années aux aventures relatées. L'éditeur a procédé à quelques coupures, signalées dans le texte ; mais il a reproduit les notes que Le Sage avait fait figurer lui-même dans son manuscrit, en les complétant par ses propres notes. Toutefois on regrettera l'absence d'index, en particulier géographique avec l'identification actuelle précise des noms de lieux. D'intéressantes cartes retracent cependant les itinéraires de Le Sage.
Quelles que soient les précautions à prendre pour l'utilisation des Mémoires, l'historien y trouvera des notations géographiques et sociologiques sur les pays traversés (par exemple la manière de manger des Anglais, les kermesses flamandes, les us et coutumes des nobles polonais), des descriptions très véridiques de ville et d'édifices ecclésiastiques (Londres, Cologne, Constance, Einsiedeln, etc.), et surtout un panorama étonnant de la vie monastique. Le Sage se faisait, en effet, héberger de couvent en couvent ; le lecteur sera d'ailleurs frappé par la multiplicité des maisons religieuses en Europe centrale. Sous la plume acérée de notre Breton, la goinfrerie et l'ignorance semblent être les vertus principales des moines belges, allemands ou polonais ; seuls trouvent grâce à ses yeux les suisses. Il se complaît aussi à dépeindre ironiquement les mesquineries de la vie commune. C'est que, fier et susceptible dans ses malheurs, Le Sage devait avoir un caractère difficile, porté aux brouilleries. Cependant, quels que fussent ses défauts, il eut le courage d'affronter plusieurs années d'errance et de misère pour ne pas renier ses convictions. Au fil des pages et des réflexions, se dévoile ainsi peu à peu la mentalité d'un clerc éclairé du siècle des Lumières.
Mais les Mémoires, en dépit de quelques longueurs, peuvent être lus simplement pour le plaisir, comme un passionnant roman d'aventures relatées avec esprit : la description de la tempête près de Jersey, le récit des fuites successives de Le Sage à travers des pays en panique devant l'avance des armées françaises, sont des morceaux d'anthologie.


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