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TH n°113 LE PÉCHÉ DIT ORIGINEL

TH n°113 LE PÉCHÉ DIT ORIGINEL

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Date d'ajout : samedi 17 octobre 2015

par Jean-Marie BREUVART

REVUE : MSR, avril 2001

La première partie de l'ouvrage se veut un rappel (classique) des textes bibliques sur ctte question, et de l'interprétation que l'herméneutique moderne en donne.
Cette interprétation est immédiatement confrontée à celle d'autres textes apocryphes de l'Ancien Testament. S'en dégage une triple assignation possible de l'introduction du mal dans le monde : soit Adam, soit le Diable, soit l'Homme lui-même.
Les textes esséniens permettent d'y ajouter une quatrième assignation : Dieu lui-même, infusant au monde une double causalité : celle du Bien et celle du Mal, entre lesquels la liberté humaine doit choisir. De ce point de vue, ces textes seraient fondateurs d'une pensée du péché originel considéré comme une perversité héréditaire. Ainsi en est-il également dans la pensée de Philon d'Alexandrie, contemporain du Christ, situé à la rencontre des cultures juive et grecque. À la première, il emprunte le concept d'une création ; à la seconde, un platonisme dualiste, entre le monde du corps et celui de l'esprit: double création de l'homme, dont l'une s'inscrirait dans le monde sublunaire du changement (p.I28), dans lequel résiderait également son péché congénital. Avec Didyme l'Aveugle, la question évolue dans le sens d'une imputation à l'homme-mâle d'un glissement vers le sensible immédiat en lequel vit la femme, alors qu'il avait, comme homme, un corps immatériel.
Le chapitre suivant, portant sur l'iconographie paléochrétienne, nous réintroduit dans ce qui fut sans doute la croyance des communautés chrétiennes primitives, loin des querelles intellectuelles. À cerce lumière, l'idée du salut en Jésus-Christ, nouvel Adam, l'emporte sur les explications philosophiques d'un Didyme. Le péché originel est seulement la toile de fond implicite sur laquelle se manifeste le salut en Jésus-Christ. De ce point de vue, le péché est essentiellement celui d'Adam, en qui tous ont péché.
L'auteur fait alors le point sur la position timide de Vatican II, après les atermoiements de Vatican I : sont réaffirmées, avec la liberté des théologiens sur ce sujet, les conceptions les plus classiques sur la transmission héréditaire du péché d'Adam, sans une réelle réflexion sur le contexte sociologique et historique en lequel un tel dogme était apparu. Même le glissement sémantique du peccatum (péché personnel) au labes (chûte) aurait dû fournir le point de départ d'une réflexion nouvelle qui n'a pas été entreprise encore par l'Église.
Les "Etudes diverses" qui suivent proposent des réflexions sur des points particuliers. Les penseurs des parties précédentes y sont à nouveau convoqués, ce qui manifeste la volonté de l'auteur de comprendre le thème du péché originel comme un phénomène commun à de nombreuses traditions, et de sortir du seul cadre de l'Église catholique. L'un des débats les plus importants est celui sur le poids relatif du mauvais penchant et du péché originel dans la définition de la tradition catholique. Sous l'influence de saint Augustin, on est passé, nous dit l'auteur, d'une vision du penchant comme cause du péché à celle du penchant comme effet du péché (cf. p. 299). Toute la question est là, me semble-t-il, et l'on peut évoquer ici l'interprétation kantienne du péché originel comme étant simplement mal radical, et non péché proprement dit (cf. La Religion dans les limites de la raison, Pléiade, III, pp. 54 & svtes).
Il me semble seulement que sur la fin de l'ouvrage, le propos s'essouffle quelque peu. Il est clair qu'il nous faut aujourd'hui reprendre la question sur de nouvelles bases, après deux guerres mondiales et le retour caché d'une barbarie qui, par plus d'un côté, pose en de nouveaux termes la question du péché de "homme, que celui-ci se définisse ou non par une liberté humaine individuelle mal comprise ou par une tare collective que chacun ne peut que subir. Le développement de l'humanité en l'homme est loin, de toutes façons, d'être un simple parcours de santé !


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