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14. LÉOPOLD SÉDAR SENGHOR

14. LÉOPOLD SÉDAR SENGHOR

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Date d'ajout : jeudi 05 novembre 2015

par Benot MAUBRUN

REVUE : L'HOMME NOUVEAU, février 1999

Pour beaucoup d'entre nous, le nom même de Senghor évoque le combat pour l'Afrique et notamment pour la reconnaissance de la négritude comme culture et comme civilisation. A lire Joseph Roger de Benoist, cette impression se confirme, même si nous découvrons une vie beaucoup plus riche que nous aurions pu le soupçonner.
JOSEPH ROGER de Benoist a eu la bonne idée, après avoir retracé la vie du premier président de la République sénégalaise, de proposer un florilège de textes importants de Léopold Sédar Senghor. Les écrits politiques voisinent avec des textes religieux. Et dans les deux cas, la poésie y a souvent sa part.
Né au Sénégal, dans une famille noire relativement aisée, le jeune Léopold a suivi sa scolarité au sein d'institutions tenues par les missionnaires. Très jeune, il se destine au sacerdoce. Étrangement, cette vocation sera contrariée par un missionnaire en raison de son manque de discipline. Devant les succès obtenus par le jeune garçon, ce missionnaire essayera bien au moment du baccalauréat de rattraper sa bévue. Mais en vain ! Pour le futur président sénégalais, un autre destin allait s'ouvrir. Et celui-ci passait par Paris.
Étudiant à la Sorbonne, inscrit à Louis-le-Grand, Senghor est, à l'époque, l'un des rares étudiants de couleur. Pour lui, Paris représente, bien sûr, le siège de la culture en même temps que la capitale de la France, qui est alors un vaste empire. Mais Paris signifie aussi le dépaysement le plus total. Il se lie avec plusieurs jeunes étudiants dont certains seront appelés à un avenir brillant. Parmi eux, un certain Georges Pompidou, auquel l'unit une amitié très forte. Celle-ci lui servira quelques années après, lorsqu'il s'agira de jouer sur le destin de son pays. Il semble qu'alors Léopold Sédar Senghor ait connu une crise sérieuse, ébranlant pour dix ans la foi de son enfance. C'est aussi l'époque de la découverte de Marx et du militantisme politique au sein du socialisme. Il y associe ses premières ébauches de revendications pour la reconnaissance d'un statut spécifique pour l'Afrique au plan politique et pour la reconnaissance de la négritude au plan culturel.
Son action politique, après la guerre, ne sera que la continuation, en tant que député puis comme premier président du Sénégal, des jalons posés dans ces années-là. A propos du statut pour l'Afrique occidentale française, Senghor prendra soin d'une évolution réaliste, évitant le piège d'un nationalisme qui risquait de conduire les pays africains dans les bras des deux super-puissances d'alors : États-Unis et U.R.S.S.
La suite de l'histoire du continent africain montrera qu'il avait amplement raison. Son histoire personnelle va se confondre désormais avec celle de son pays. Si bien qu'après les épisodes de l'Union française (1946) largement inspirée par Senghor, de la Communauté française (1958), de la Fédération du Mali en 1959 et de l'éclatement de celle-ci en août 1960, Senghor devient le premier président du Sénégal en septembre 1960. Soutenu par un régime présidentiel fort, il établit un, régime de parti unique de 1966 à 1974. A plusieurs reprises, il doit faire face à de sérieuses émeutes. Sa foi chrétienne lui sera alors d'une aide précieuse pour ne pas vaciller.
L'histoire dira ce que fut l'action politique du président Senghor. Au-delà des méandres de la politique, une chose reste certaine : Senghor a le goût de l'unité au-delà des différences. On pourrait croire qu'il aime les paradoxes. Mais est-ce vraiment la bonne explication ? De culture classique occidentale, il a défendu et illustré la négritude. Disciple, d'une certaine manière, de Teilhard de Chardin, il mêle son catholicisme de croyances ancestrales. Et il défend l'usage du latin dans la liturgie au point, lorsqu'il était président, de faire venir chaque dimanche un prêtre au palais présidentiel pour y célébrer la messe dans la langue latine. Chrétien dans un pays à majorité musulmane, il s'offre le luxe de quitter volontairement le pouvoir le 31 décembre 1980. Retiré en Normandie, il attend, dans le culte de la poésie, la venue de cette mort qu'il a toujours redoutée. Mais comme il l'a écrit dans L'Absente, " De très loin la Bonne Nouvelle est annoncée ".


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