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01. MANIFESTATION ET RÉVÉLATION

01. MANIFESTATION ET RÉVÉLATION

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Date d'ajout : mardi 03 octobre 2017

par André DARTIGUES

BULLETIN DE LITTÉRATURE ECCLÉSIASTIQUE, 1978, 1

Animée par un groupe d'enseignants à la Faculté de Philosophie de l'Institut Catholique de Paris, la collection Philosophie propose dans cet ouvrage six études qui résultent précisément d'un travail commun de recherche entrepris dans cette Faculté. Cet essai de « convivialité de la pensée » n'unit pas seulement six philosophes autour d'un même thème mais les conduit à interpeller les théologiens pour que soit mis fin au clivage entre philosophie et théologie qui n'aboutit qu'à une stérilisation réciproque. Les mots mêmes de « manifestation » et de « révélation » indiquent deux façons de comprendre l'intervention des sources de la connaissance religieuse au sein de l'humanité et invitent au dialogue entre les deux disciplines. Nous nous limiterons à un bref aperçu de chacune de ces six études.
Jean TROUILLARD,
La notion de « théophanie » chez Erigène.
Notion fondamentale chez Jean Scot Erigène, la « théophanie » désigne toutes les manifestations de Dieu, aussi bien la création que la révélation ou le don de la grâce. Dieu se manifeste dans, l'homme, « unité déployée de l'univers », et cette manifestation culmine dans l'Incarnation du Verbe, « coïncidence de l'expression adéquate de Dieu et de l'humanité comme déploiement total de la procession ». Il est à noter que Dieu, comme l'âme, ne sont connaissables que dans la manifestation, le foyer de l'irradiation théophanique et le centre intime de l'âme demeurant irrémédiablement obscurs. Aussi la théophanie n'est-elle pas le foyer des communications divines ; c'est au contraire la communication secrète et ineffable de Dieu à l'âme qui porte les théophanies.
Stanislas BRETON,
Révélation, Méditation, Manifestation.
L'auteur dégage d'abord une logique de l'apparaître, réflexivité du Soi qui sort de soi (opération transitive) et revient à soi (opération inverse). A partir de ce schéma formel, qu'on retrouve dans une théologie de la révélation (qui implique la Parole) comme dans une théologie de la manifestation (qui ne considère que le monde muet des choses et des causes), on peut tenter de penser le rapport entre théologie révélée et théologie naturelle. La théologie trinitaire et la christologie unifient les deux processus de révélation et de manifestation dans la médiation opérée par le Christ. Il reste que cette conjonction ne se résout pas en savoir spéculatif, comme dans le panthéisme spinoziste ou hégélien, car le « Logos Staurou » dont parle saint Paul nous engage dans un processus de passion-résurrection qui ne nous donne sur Dieu aucune information de type philosophique et en réserve le mystère.
Jacques MARELLO, Création, Révélation et Manifestation.
Les mêmes notions sont abordées ici, mais sous un angle quelque peu différent. Révélation et Manifestation s'éclairent à partir de la notion de création, qu'à leur tour elles éclairent. Cette articulation n'est pas, comme le pensait Descartes, de type philosophique (l'idée d'être parfait manifeste en moi l'existence du Dieu créateur et révèle son essence) mais de l’ordre de la foi : la révélation, qui est accueil d'une Parole référée à Dieu et non savoir sur Dieu, est première. Elle fonde, à titre de conséquence, la manifestation qui recueille «les effets dans le sensible de l'invisible présence» révélée dans la foi. Dès lors, la création n'est pas une explication artisanale du monde mais l'intégration de l'univers à la révélation qui lui donne la capacité de manifester Dieu.
Dominique DUBARLE, Révélation de Dieu et manifestation de l'Esprit dans la philosophie de la religion de Hegel.
Cette étude, qui occupe la moitié de l'ouvrage, souligne l'importance de la notion de révélation dans la philosophie de Hegel. Si elle y prend une consistance philosophique propre, Hegel l'emprunte néanmoins au vocabulaire religieux et sa transmutation philosophique ne s'opère qu'à travers une longue et laborieuse réflexion sur sa signification religieuse. Le P. Dubarle analyse le mouvement de cette réflexion dans les Leçons sur la philosophie de la Religion. Cette analyse serrée aboutit à la conclusion que, si la conception hégélienne de la révélation est déficiente pour avoir identifié le Dieu visé par la foi à l'Absolu conceptuel de la philosophie, elle ouvre un nouvel espace de compréhension du fait religieux en concevant le rationnel comme dépassement de l'antinomie qui oppose le théologique aux sciences positives.
Xavier TILLIETTE, La révélation de l'Essence. Notes sur la philosophie de Michel Henry.
Ces « notes » veulent attirer l'attention sur la thèse de M.
Henry, « L'essence de la manifestation » qui reste depuis dix ans « le chef d'œuvre inconnu ». M. Henry reprend le projet husserlien d'une ontologie phénoménologique qui examine le sens de l'être en général sans lequel le sens de chaque région particulière de l'être reste insaisissable. Mais il cherche à dépasser le monisme dans lequel l'ontologie a le plus souvent échoué par une théorie originale de l'immanence qui, loin d'exclure la transcendance, la fonde sans s'opposer à elle. Le dialogue de M. Henry avec la tradition philosophique fait une place toute particulière à Maitre Eckart « qui brille dans cette nuit de l'éclat d'Aldébaran ».
Yves LEDURE, La révélation comme espacement préalable du phénomène religieux.
Motivée par l'indifférence religieuse moderne, cette étude cherche à dégager dans la sensibilité et la corporéité humaines un « espace de révélation de Dieu ». Dieu n'est pas une réalité juxtaposée au monde de l'homme, mais une altérité présente au cœur même du désir humain et qui en brise le cercle vicieux.


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