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BIBLE DE TOUS LES TEMPS N°5- LE TEMPS DES RÉFORMES ET LA BIBLE

BIBLE DE TOUS LES TEMPS N°5- LE TEMPS DES RÉFORMES ET LA BIBLE

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Date d'ajout : mardi 22 août 2017

par Michel VEISSIÈRE

BTT 5 SOCIÉTÉ D'HISTOIRE MODERNE, 1993, 3

Parmi les huit volumes de la collection Bible de tous les temps, visant à éclairer en profondeur l'usage de la Bible dans notre société occidentale, ce volume a une importance particulière en raison des réformes chrétiennes qui ont marqué le XVIe siècle.
Les maîtres d'œuvre de cette entreprise sont deux universitaires, parfaitement qualifiés et complémentaires. L'un est catholique, le Père Guy Bedouelle, dominicain, professeur à l'Université de Fribourg (Suisse). L'autre est Protestant, Bernard Roussel, successeur de Richard Stauffer comme directeur d'études à l'École Pratique des Hautes Études (sciences religieuses). Ils se sont assuré le concours de dix collaborateurs, français et étrangers, en particulier pour la seconde partie (Bible, culture et société).
Le propos est historique, centré sur une période ample : du milieu du XVe siècle (où les réformes germent déjà) jusqu'à 1600. Le champ d'action est l'Occident chrétien (France, Espagne, Italie, Suisse, Allemagne, Pays-Bas, Angleterre), avec sa diversité de confessions religieuses : catholique, protestante (multiforme), anglicane, orthodoxe (grecque), juive.
L'ouvrage comporte deux parties, de nature différente : Lire la Bible (p. 21-486) ; puis, Bible, culture et société (p. 487-750).
Au départ, G. Bedouelle et B. Roussel nous offrent un parcours historique, très documenté, de « l'accès à la Bible, du milieu du XVe siècle aux environs de 1530 », date charnière, puis de 1530 à 1600, distinguant des étapes selon le temps et les lieux. On mesure d'abord l'importance de l'imprimerie, l'impulsion des humanistes avec un désir de retour aux sources. Puis on discerne le rôle des divers acteurs dans l'usage de la Bible: livres, auteurs, lecteurs. Après les foisonnements viennent les durcissements des camps chrétiens opposés, surtout à partir de 1560. Ce parcours chronologique très nourri est suivi d'un long développement thématique, une véritable section (p. 309-485) : quelles ont été les réponses confessionnelles par rapport à l'autorité reconnue à l'Écriture sainte ? Quelles questions se sont posées pour les traductions, les commentaires, la diffusion de la Bible ? Interrogation faite non seulement aux catholiques et aux protestants, mais aussi aux anglicans, aux orthodoxes et aux juifs. Bref, dans cette première partie il y a une somme d'informations, bien regroupées et mises en perspective, qui rendront service.
La seconde partie, Bible, culture et société, se présente très différemment. Elle fait penser aux actes d'un colloque sur un thème donné, « Tous les champs de recherche ne sont pas parcourus mais un grand nombre d'entre eux sont jalonnés » (p. 12), par huit historiens. Une énumération permet de voir en quel sens. « La Bible et les nouveaux mondes » montre le bouleversement des repères (espace-temps) pour le chrétien du XVe siècle centré sur Jérusalem (M. Venard). « La bible et l'action pastorale » veut répondre à la question : quel rapport les Églises vont-elles établir à l'Écriture ? (Ph. Denis). « La Bible et la politique » (du côté protestant) : en se fondant sur la Bible, Luther et Müntzer, avant Calvin, renouvellent la pensée politique (M, Soulié). La « philosophie chrétienne » (Érasme) à laquelle aucun domaine de la vie des hommes ne doit échapper, n'a-t-elle pas sa source première dans l'Écriture ? (A. Godin). Quel usage les « mystiques catholiques », en Espagne et en France, ont-ils alors fait de la Bible, bien différemment parfois (comparer saint Jean de la Croix et sainte Thérèse d'Avila) ? (M. Huot de Longchamp). Les deux études suivantes, littéraires, sont restreintes à la France. « La littérature française » est fortement influencée par la Bible au XVIe siècle, comme en témoignent quelques exemples, de Marguerite de Navarre à Ronsard et à du Bellay (M. A. Screech). De même pour le théâtre, de Marguerite de Navarre à Robert Garnier (M. Soulié). Les perspectives sont à nouveau européennes avec « le chant », les cantiques vulgarisant la Bible d'une manière perçue comme novatrice par les contemporains (P. Veit). Quant aux « images », il est question de l'influence mutuelle des arts de l'image et de la Bible, avec illustrations à l'appui (M. Stirm). A ce sujet, les points de vue de Luther et de Calvin se trouvent fort éloignés des positions catholiques.
Quelques pages bienvenues de conclusion sont suivies d'un complément important (p. 763- 804). Il comporte une bibliographie riche et ordonnée qui permettra d'approfondir des recherches ; un index biblique et un index nominum qui faciliteront grandement la consultation de l'ouvrage.
En résumé, la première partie est une somme sur le sujet, une très bonne récapitulation des connaissances. La seconde « décloisonne » la Bible en marquant ses liens avec la culture, avec la société de ce temps. Le contraste entre les deux parties déconcerte au premier abord un lecteur sensible à l'harmonie du plan d'un livre. Mais, à la réflexion, la seconde partie ne constitue-t-elle pas un utile complément de la première, cœur du livre ?
On n'épuisera pas la richesse de cet ouvrage à première lecture. Il restera ouvrage de référence, longtemps.


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