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BIBLE DE TOUS LES TEMPS N°3- SAINT AUGUSTIN ET LA BIBLE

BIBLE DE TOUS LES TEMPS N°3- SAINT AUGUSTIN ET LA BIBLE

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Date d'ajout : mardi 10 octobre 2017

par J.Kevin COYLE

ÉGLISE ET THÉOLOGIE, 22, 1991

Des huit volumes qui forment la collection Bible de tous les temps, consacrée à l'histoire de la Bible depuis le monde grec ancien jusqu'à l'ère contemporaine, seul le présent volume traite d'un seul auteur. Ce fait témoigne de la grande importance d'Augustin d'Hippone pour l'histoire de la pensée chrétienne.
Anne-Marie la Bonnardière (LB), bien connue par ses études sur la Bible de s. Augustin, non seulement assume la direction du présent volume, mais elle en est le principal auteur. Les autres collaborateurs lui ont d'ailleurs dédié leurs efforts.
Les huit sections du livre correspondent à huit grands « lieux » de la présence de la Bible chez Augustin. Deux d'entre elles, la première et la sixième, constituent chacune un long chapitre. Les six autres sections sont subdivisées et commencent par un exposé d'ensemble du sujet ou du thème traité. De ces exposés, un seul n'est pas écrit par LB. Des articles qui suivent chaque exposé, douze sur vingt-et-un ont été écrits par elle, ainsi que l'introduction et la conclusion générale. Elle a de plus collaboré à la préparation de l'annexe (« Quelques maîtres mots d' Augustin »).
La lère section laisse Augustin décrire lui-même le laborieux chemin qui devait le ramener à la foi chrétienne et l'état probable de sa culture biblique au moment où il rentrait en Afrique en 388 : ce traitement de « L'initiation biblique d'Augustin » sert de porte d'entrée aux sections suivantes.
Comme la plupart des pères de l'Église, Augustin emploie la Bible surtout dans un contexte liturgique. La section suivante (« Bible et liturgie ») présente une contribution d'Élisabeth PAOLI-LAFAYE sur « Les "lecteurs" des textes liturgiques », suivie d'une étude en trois parties (de Pierre-Patrick VERBRAKEN, Madeleine MOREAU et LB) de la liturgie de l'épiphanie telle que présentée par le Sermo 204. Michel ALBARIC présente ensuite un exemple de la catéchèse eucharistique d'Augustin, trouvé dans le Sermo 227. Les articles suivants (déjà publiés ailleurs) partent de cas concrets pour examiner comment Augustin se sert de la Bible dans sa prédication. Joseph WOLINSKl présente l'emploi du Ps 18,6a (« Il a planté sa tente dans le soleil »), et LB aborde les thèmes de « la Chananéenne, préfiguration de l'Église » et de « la tempête apaisée ».
Dans la IIIème section, intitulée « Bible et prière », Suzanne POQUE examine les psaumes cités dans les Confessions, et constate qu'ils y « sont la nappe souterraine qui ne cesse d'irriguer la prière d'Augustin » (p. 159). Luc VERHEUEN, dans « La prière dans la Règle d'Augustin », explique l'idée augustinienne de « cantique de louanges » (hymnus). LB commente alors brièvement la Lettre à Proba où justement Augustin répond à la requête de la dame romaine, « Apprends-moi à prier » (p. 181-188). Plus fouillée est l'étude de Dany DIDEBERG sur le thème « Saint Jean, le disciple bien-aimé, révélateur des secrets du Verbe de Dieu » (p. 189-201).
Après cet examen de sa « spiritualité biblique », d'autres collaborateurs veulent considérer les nombreuses lettres où Augustin répond aux questions posées par ses correspondants sur des problèmes bibliques. Cette IVe section contient deux articles sur « Le courrier biblique d'Augustin », dont le premier (de LB) examine les Lettres 163 et 164 (correspondance entre Evodius et Augustin, au sujet de IP 3,18-22) et l'autre (de Jean-Paul BOUHOT) analyse la fameuse correspondance entre Augustin et Hesychius de Salone sur la fin du monde, montrant comment les deux évêques, poussés par la même préoccupation pastorale, tout en se servant des mêmes textes bibliques (par exemple, Mt 24,15-19) et de la même méthode d'interprétation, en arrivent à des conclusions parfois bien différentes.
La Ve section a pour titre « Intelligence des Écritures et prédication ». On sait qu'Augustin, soucieux de la formation de ceux qui se préparaient à la prédication, a écrit le De doctrina christiana pour leur usage. L'introduction de MOREAU, sur la « Lecture du "De Doctrina Christiana" », est suivie d'un article de LB sur « le canon des divines Écritures » selon Augustin. Elle aborde surtout le canon vétérotestamentaire (ce n'est qu'à la fin que mention est faite du Nouveau Testament), la source de la connaissance qu'avait Augustin du livre de l'Ecclésiastique et son attitude envers les livres qui, à une époque postérieure, seront appelés « deutéro-canoniques ». Il s'ensuit un nouvel examen d'un vieux problème : Augustin a-t-il utilisé la « Vulgate » de Jérôme ? La portée de cet article se résume dans la dernière phrase (p. 312) : « Jusqu'à la fin, Augustin a conservé sa fidélité à la version biblique des Septante de l'Ancien Testament ». Ensuite, MOREAU donne une analyse du commentaire augustinien sur Amos 6,1-6, qui se trouve dans le De Doct. Christ. (IV,7,15-21). Cette section se termine par une citation de trois pages tirée du De Genesi ad litteram (18,37-21,41), sur la pluralité des interprétations de la Bible.
Comme l'implique son titre (« Bible et polémiques » ), la VIe section étudie les disputes de s. Augustin avec les hétérodoxes qui mettaient en cause les saintes Écritures. Cette section comporte deux contributions, dont une du même titre par LB, ainsi qu'une traduction du Sermo 183 faite par MOREAU.
La VIIe section, qui étudie « la Bible dans la Cité de Dieu », s'explique par l'importance que cet ouvrage consacre aux prophéties tant vétéro- que néotestamentaires. Trois articles sont regroupés ici, dont le premier, par LB (« On a dit de toi des choses glorieuses, Cité de Dieu »), retrace les circonstances et les dates de composition de cet ouvrage magistral d'Augustin. On y voit aussi la perception qu'a eue celui-ci de la Bible : du 1le au 18e livre on trouve « une lecture commentée des livres bibliques dans l'ordre chronologique alors reçu de tous ». De fait, « toute la structure de la Cité de Dieu est fondée sur la Bible » (p. 364). L'article suivant analyse le ch. 20 de l'Apocalypse dans la Cité de Dieu. Martine DULAEY n'y voit pas l'influence de Tyconius, pas plus que dans la critique augustinienne du millénarisme ou dans sa doctrine des deux résurrections. Dans la troisième contribution, LB reprend « La "cité terrestre" d'après H.-I. Marrou », c'est-à-dire le cheminement de l'interrogation posée à Augustin par le célèbre savant sur ce thème.
La VIIIe et dernière section présente le Speculum quis ignorat, un recueil biblique destiné à servir de guide dans le comportement éthique des chrétiens. Cette section (« La Bible, miroir de l'éthique chrétienne ») contient deux articles. Le premier, par LB, examine le thème des « deux vies : Marthe et Marie ». Le deuxième, par Albert VERWILGHEN, porte sur « Le Christ Jésus, source de l'humilité chrétienne ».
Pour conclure, quatre pages où LB tire des conclusions générales, en particulier sur des questions qui ne sont pas encore résolues. Suivent une bibliographie introductoire et un inventaire de « maîtres mots » d'Augustin, accompagnés d'une brève explication.
Le nombre des collaborateurs et des contributions conduit à des résultats parfois inégaux. À noter qu'on trouve dans les contributions de LB peu de nouveauté : le résultat de son travail antérieur est maintenant devenu « monnaie courante ». Toutefois, son article sur les Lettres 163 et 164, laissant plusieurs textes latins sans traduction et donc destiné plutôt aux savants, ne vise pas les mêmes lecteurs que les autres articles, dont quelques-uns (par exemple, celui de Wolinski) ne laissent rien supposer dans la préparation du lecteur.
Certaines sections auraient mérité un traitement plus développé. L'introduction de Moreau à la Ve section, sur la « Lecture du "De Doctrina Christiana" », n'est qu'une paraphrase de l'ouvrage augustinien. Dans la VIe section, vu la diversité de groupes hétérodoxes combattus par Augustin, vu aussi que « ces polémiques ouvrent des perspectives sur les difficultés qu'offraient les textes refusés, incompris, contestés » et que « certaines discussions ont été pour Augustin sources d'approfondissement théologique » (p. 21-22), on s'attendait à un nombre plus élevé de contributions. On s'étonne de ne pas trouver dans la IVe section un traitement de la correspondance avec Jérôme, à l'exception d'une brève mention dans l'introduction (p. 205-206). LB reconnaît cette lacune (p. 210-211).
On peut noter quelques inexactitudes:
Dans son premier article (p. 33), LB fait allusion à l'idée de François Decret que le mythe manichéen du Jesus patibilis pourrait avoir été propre à l'Afrique. Cette suggestion, déjà avancée par Hans Jakob Polotsky (1935) et Lodewijk Herman Grondijs (1954), fut contestée par Ernst Waldschmidt avec Wolfgang Lentz (1926) et par Walter Bruno Henning (1934), qui trouvaient la même idée (sinon la même expression) dans la bibliothèque manichéenne découverte à Tourfan en Chine ; la même idée est sans doute présente dans les textes manichéens trouvés en Égypte. À préciser aussi (à la p. 34) que les manichéens avaient l'habitude de présenter leur fondateur non comme la manifestation de l'Esprit-Saint, mais comme le Paraclet, ce qu'affirment les références augustiniennes que LB elle-même indique.
À la p. 403, n. 5, il est dit que Jc 1,23-25 n'est cité par Augustin que dans le Speculum et dans l'Enarr. in ps. 118, s. 4. Mais que l'on pense au dernier paragraphe de la Règle (VIII,2, dans L. VERHEUEN, La Règle de saint Augustin, t. l, Paris, 1967, p. 437) : « Ut autem uos in hoc libello tamquam in speculo possitis inspicere… » D'ailleurs la provenance augustinienne du Speculum - faut-il insister ? - reste très discutée mais n'a jamais été doutée par LB (voir LB, Biblia Augustiniana, A.T. Le Livre de la Sagesse, Paris, Études Augustiniennes, 1970, p. 230- 232 ; position partagée ici par VERWILGHEN, p. 428).
Quelques fautes de frappe ou d'inattention : à la p. 270, 4e ligne du bas, floreas doit se traduire par « que tu sois (et non : qu'il soit) florissant ». « Prov. 15 » est à corriger en « Prov. 25 » (p. 268,1. 9) ; « Le 3 » en « Le 13 » (p. 269,1. 5); « Ps. 84 » en « Ps. 74 » (p. 269,1. 28) ; « chapitre 20 » en « livre 20 » (p. 376, premier sous-titre) ; « Beat. » en « Bède » (p. 378, n. 42) ; « intelligenctes » en « intelligentes » (p. 425, 1. 10).
Aux pages 310 et311, les notes 27 et 29 ne clarifient guère le texte. À la p. 225, il y a un renvoi à une note 62 inexistante (une autre n. 62 se trouve à la p. 227). À la p. 370, il manque l'appel de n. 2.
En dépit de ces réserves, pour la plupart mineures, les lecteurs trouveront dans ce volume une contribution importante à l'histoire de la Bible et à leur connaissance de l'œuvre de S. Augustin dans ce domaine.


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