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N°59 LE BAPTÊME ET SES SYMBOLES. Aux sources du salut

N°59 LE BAPTÊME ET SES SYMBOLES. Aux sources du salut

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Date d'ajout : samedi 17 octobre 2015

par Philippe BARRAS

REVUE : CENTRE NATIONAL ENSEIGNEMENT RELIGIEUX

Ce livre du père Baudry est remarquable. Dans un style court, direct, sans détour, s'appuyant sur des études sérieuses, l'auteur nous fait entrer dans l'intelligence des rites baptismaux en montrant comment ceux-ci s'enracinent dans la tradition juive, dans la culture des peuples contemporains de la naissance du christianisme, comment les premiers chrétiens, nourris de l'Écriture, s'en sont emparés, comment les Pères de l'Église en ont développé la portée théologique et spirituelle, et comment l'Église les met en œuvre aujourd'hui dans ses rituels. Les références sont nombreuses et sûres, la documentation abondante (y compris les références iconographiques), au point que ce livre peut être considéré comme une bonne synthèse de la théologie et de la spiritualité du baptême chrétien. Certaines affirmations peuvent sembler un peu rapides, mais elles renvoient toutes à des études approfondies signalées en notes. Elles ont le mérite, en tout cas, d'exprimer simplement des choses compliquées (par exemple : « Le baptême qui remet les péchés, y compris le péché originel »).« Les rites baptismaux de la tradition issue du message de Jésus s'inscrivent dans des cultures antiques dont ils assument les valeurs et les pratiques, tout en les rectifiant pour les mettre au service de la spécificité du mystère chrétien ». (p. 183) Telle est la grande conclusion de G.-H. Baudry. Il en déduit la nécessité actuelle de mettre en valeur et de mieux connaître les symboles baptismaux (par exemple : par des catéchèses), non par romantisme archéologique, mais par nécessité : « La pluralité des symboles baptismaux dans l'action liturgique elle-même contribue à mieux signifier un mystère qui dépasse, non seulement toute conceptualisation, mais aussi toute ritualisation… Cette pluralité, en mettant l'accent sur les divers aspects du baptême, relève d'une' volonté pédagogique » (p. 184). L’auteur désigne bien les risques d'une telle approche qui peut conduire à une discrimination exagérée, réduisant chaque rite à un effet et une signification particulière, jusqu'à friser l'allégorie. Chaque rite, chaque symbole est au service du sacrement dans sa globalité, même s'il en désigne plus directement un aspect. « Dans le cas de l'onction, comme dans ceux du vêtement blanc ou du sceau, on assiste à un processus de concrétisation des métaphores. Pour étoffer un rituel baptismal qui s'organise, pour mieux en expliciter la signification, on ajoute au rite central et fondamental de l'immersion d'autres rites qui en précisent la portée, quitte à les faire paraître comme des doublets » (p, 38),
Chacun des neuf chapitres est construit sur un modèle analogue, et peut se lire indépendamment des autres : sources dans l'Ancien Testament en rapport avec la culture des autres religions environnantes; mise en place des symboles dans les premières communautés chrétiennes et interprétation dans le Nouveau Testament ; explications et commentaires des Pères de l'Église ; évolutions des pratiques rituelles jusqu'à la réforme de Vatican II.
Les deux premiers chapitres traitent du symbolisme de l'eau qui permet d'envisager le baptême comme purification, comme passage, comme nouvelle naissance, comme ensevelissement. L'auteur insiste davantage sur ce quatrième aspect (Ch. 11), trop peu mis en valeur aujourd'hui selon lui : le baptisé n'est pas seulement « mort avec le Christ et ressuscité avec lui », il est aussi (entre les deux) « enseveli avec lui » (cf. Rm 6,1-14). Pourtant, les Pères de l'Église avaient bien exposé cette spiritualité paulinienne : « Cette eau salutaire fut votre tombeau » (Cyrille de Jérusalem).
Le chapitre II étudie les différents cas de figure de l'onction, selon les traditions (avant et/ou après le baptême, sur la tête et/ou le corps entier, avec de l'huile parfumée ou non, onction d'exorcisme ou onction messianique…), en rendant bien compte de la difficulté d'interprétation des sources. L'auteur souligne aussi l'importance de l'imposition de la main, qu'on retrouve également dans la plongée baptismale (comme l'atteste l'iconographie traditionnelle, y compris celle du baptême de Jésus par Jean), ce qui le conduit à insister fortement sur l'unité intrinsèque de l'onction avec la liturgie baptismale,
Les chapitres IV et V portent sur le symbole de la lumière : l'illumination des baptisés dans le Christ, Soleil levant (voir à ce propos la citation du très beau texte de Méliton de Sardes sur le baptême du soleil- allégorie du baptême du Christ - qui se lave dans l'eau et s'en nourrit pour se relever.) L'auteur voit particulièrement dans ce symbolisme solaire du baptême une inculturation magistrale du christianisme naissant
Le chapitre VI sur le vêtement blanc est le chapitre le plus développé, tant le symbole est riche de signification. G.-H Baudry en développe la portée sacerdotale (dimension christologique) et surtout angélique ou céleste (dimension eschatologique). La première dimension a été peu commentée par les Pères de l'Église et les théologiens: l'auteur voit dans sa mise en valeur une tâche particulière pour l'Église d'aujoud'hui. La dimension eschatologique du baptême que souligne le vêtement blanc lui semble tellement importante qu'il regrette le peu d'enthousiasme des rituels de Vatican II à propos de ce rite (considéré comme facultatif, ou avec possibilité d'être remplacé par un vêtement de couleur).
Le chapitre VII porte sur les symboles alimentaires, notamment la coupe d'eau pure, la coupe de lait contenant du miel et le sel, que les rituels actuels ont supprimé et que regrette l'auteur. Les deux derniers chapitres, plus courts, analysent la métaphore des « deux voies » (qui souligne le choix et l'itinéraire que représente le baptême) à la lumière du dernier Rituel de l'initiation chrétienne des adultes, puis la métaphore du « sceau » que porte, bien sûr, essentiellement la confirmation, mais qui concerne également le geste de baptême proprement dit.
On regrettera seulement que l'auteur parle des rituels actuels comme s'ils étaient réalisés par quelques spécialistes (rédacteurs ou législateurs), oubliant qu'ils sont œuvre de toute l'Église, comme le montre leur lourd processus d'élaboration, de traduction et d'adaptation.


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