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MICHEL HENRY, PASSION ET MAGNIFICENCE DE LA VIE

MICHEL HENRY, PASSION ET MAGNIFICENCE DE LA VIE

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Date d'ajout : lundi 09 novembre 2015

par Jean BOREL

REVUE : REVUE DE THÉOLOGIE ET DE PHILOSOPHIE, 2005, 1

C'est un bel ouvrage que Mme Gabrielle Dufour-Kowalska consacre à la pensée de Michel Henry, décédé le 3 Juillet 2002, et le sous-titre choisi - Passion et magnificence de la vie - évoque bien la thématique du célèbre phénoménologue. L'A., en effet, connaît Michel Henry et son œuvre de longue date, et nous lui savons gré de ne pas avoir attendu sa mort, comme tant d'autres l'ont fait, pour commencer à parier de lui. Son premier essai, publié chez Vrin, en 1980, sous le titre Michel Henry, un philosophe de la vie et de la praxis, témoignait déjà d'une compréhension pénétrante des grandes intuitions du philosophe. La synthèse qu'elle nous offre aujourd'hui de sa pensée, fruit d'une longue méditation, restitue de manière remarquable et avec une fidélité rigoureuse les exigences et la radicalité de la constitution de la « subjectivité absolue » entreprise par Michel Henry, ouvrant ainsi la porte du royaume invisible qui est celui de la 'magnificence de la vie'. Dans une première partie, l'A. reprend à nouveaux frais la problématique controversée du rapport de l'immanence et de la transcendance chez Henry, en montrant que « la compréhension de l'immanence non seulement permet de saisir la nécessité de son lien à la transcendance, mais qu'elle implique l'appréhension de son contenu propre, lequel représente le principe et la fin de la philosophie henryienne dans son ensemble : l'Essence originaire absolue qui renvoie à l'Absolu lui-même » (p. 58). Si l'immanence est donc bien la structure propre de ce que le phénoménologue comprend sous le concept de vie, qui désigne la subjectivité dans son auto-révélation absolue, si elle fonde ainsi la substantialité du sujet transcendantal, elle s'avère être par conséquent aussi la condition de possibilité et de nécessité de l'intersubjectivité. « L'être un avec les autres en l'Un, dit l'A., précède et fonde toutes les modalités de l'intersubjectivité. Qu'elles s'effectuent dans le visible ou l'invisible, leur essence demeure vivante en dehors du monde, dans le vivre intérieur du sujet, dans l'épreuve absolue de la vie en lui. » (p. 69). « Michel Henry au miroir de Marx », tel est le titre de la seconde partie, dans laquelle l' A. analyse la manière dont le Marx henryien affronte le marxisme et, à travers lui, l'hégélianisme qui l'a inspiré, et s'emploie à redéfinir ce qu'est, aux yeux du philosophe français, une pensée sociale vivante lorsqu'elle n'est plus assujettie à la production des biens matériels et à leurs formes idéales dans le monde des valeurs, et lorsqu' « elle est rendue à son essence, c'est-à-dire à la vie de la subjectivité et à la satisfaction de ses besoins propres, les besoins « spirituels , intérieurs à cette vie » (p. 105). Le socialisme devient ainsi l'annonce de ce qui est et de ce qui doit être conformément aux lois de l'être. La troisième et dernière partie, enfin, reconstitue en cinq magnifiques chapitres le concept de 'Logos de la Vie' qui domine la pensée de Michel Henry, en le ressaisissant à travers celui du Verbe incarné qui en achève le contenu signifiant au sein d'une philosophie du christianisme. Dans ce parcours, l'ouvrage C'est moi la vérité joue un rôle clé, puisque c'est là que le philosophe réfléchit sur le Dieu chrétien en le pensant comme cette Archi-Essence de la phénoménalité laissée en suspens depuis la parution de L'essence de la manifestation, et « nous invite à rejoindre le Fond originaire qui soutient, comme sur un abîme d'infinité, l'être du sujet humain -l'être d'une subjectivité absolue, mais un être donné et par conséquent relatif, relié à un Principe celé et comme recueilli dans sa nuit abyssale, et dont le Christ, Fils de Dieu, écartant le voile, vient nous manifester le visage invisible » (p. 159 sq,). C'est ainsi que, aux yeux d'Henry, « le christianisme est la théorie rigoureuse et systématique, encore largement ignorée, de la façon dont vient dans la vie, à partir de celle-ci, ce soi vivant que je suis, et sans lequel il n'y aurait ni soi, ni moi, ni ego - aucun homme» (p. 172). Abordant alors l'éthique chrétienne, laquelle prend à cette lumière tout son sens, radicalement novateur, révolutionnaire même, l'A. dégage en de belles pages la façon dont elle s'édifie chez Henry comme une morale de l'action secrète, selon l'antithèse du visible et de l'invisible qui l' instaure, en exaltant l'humilité et condamnant l 'hypocrisie, aboutissant ainsi à cette mutation radicale de l'agir chrétien « qui s'origine dans la Vie elle-même, qui opère, selon l'ordre générateur qui est le sien, l'échange des volontés humaines et divines, la substitution, à l'agir humain, du Faire divin qui s'y diffuse et le transit, qui l'accomplit, qui nourrit de sa présence toute action humaine ». Enfin, Madame Dufour-Kowalska montre, dans un dernier chapitre, comment l'essence de la manifestation, qui a été l'une des grandes préoccupations de Michel Henry, trouve sa solution et sa vérité dans le Logos incarné.


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