Editions BEAUCHESNE

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01- L'EGLISE ET L'ETAT, COURS DE SORBONNE INEDIT (1850-1851)

01- L\'EGLISE ET L\'ETAT, COURS DE SORBONNE INEDIT (1850-1851)

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Date d'ajout : mardi 18 avril 2017

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BULLETIN D'HISTOIRE RELIGIEUSE CONTEMPORAINE

Le XIXe siècle offre décidément une masse inépuisable de documents à l'historien. En 1977, Claude Bressolette, professeur à l’Institut Catholique de Paris, faisait paraître l'ouvrage L’abbé Maret. Le combat d'un théologien pour une démocratie chrétienne I830-1851, qui devait marquer la première étape d’une recherche sur le professeur de théologie de la Sorbonne. Son étude se poursuit par la publication d’un cours consacré à l'Église et à l’État et professe en 1950-1851.
Ce cours marque une étape dans la carrière du professeur de dogme de la Sorbonne. Donné au milieu du XIXe siècle, alors que la France essayait avec la Seconde République un nouveau régime politique et que cette évolution n'était pas sans conséquence sur les relations avec l'Église, il révèle les conceptions libérales exposées par l'ancien directeur de L’Ère nouvelle sur les rapports de l'Église et de l'État.
L’introduction de Claude Bressolette situe l’auteur dans différents courants du catholicisme de l’époque, avant d’éclairer la démarche théologique mise en œuvre dans le cours. Les deux annexes qui suivent la publication du cours nous renseignent sur les collègues de l'abbé Maret à la Faculté des Lettres pendant les années universitaires 1849-1850 et 1850-1851, ainsi que sur la bibliographie donnée par Maret pour son cours.
Quant au cours lui-même, il présente, en une première étape, avec leurs diverses variantes, les trois systèmes qui s'étaient produits au cours de l’histoire, dans les rapports entre l’Église et l’État : celui qui subordonne l'État à l’Église, celui qui, inversement, subordonne l’Église à l’État, enfin le système de l’alliance légale et politique de l'Église avec l’État.
La seconde partie du cours est tout entière consacrée à la proposition et à la justification d'un système nouveau, que réclame, aux yeux du théologien, l'évolution historique de la France : la « séparation légale » et l'« union morale » dans la liberté. En effet, d’une part, il faut prendre acte de l’avènement, dans la société moderne, de la liberté avec toutes ses manifestations et ses conséquences ; d'autre part, I'Église doit se rappeler, conformément à la tradition, que la foi ne s'impose pas, car elle est un acte libre. Dans ces conditions, la liberté seule peut désormais fonder l’alliance nécessaire de l'Église et de l’État, à l’exclusion de toute contrainte légale et de toute compromission politique.
Au problème des rapports de l'Église avec l’État, tant agité depuis des années, l'abbé Maret apporte donc une solution personnelle. Il propose une théorie cohérente parce qu’elle repose sur un principe unique, la reconnaissance de la liberté moderne et de tout ce qu'elle implique. Il croit aussi répondre aux besoins d’une époque, où l'avènement des libertés individuelles est un fait accompli. Un ordre nouveau est issu de la Révolution, il appelle des solutions nouvelles. Soucieux de répondre aux besoins de son temps et de préparer l’avenir, Maret s'est efforcé de les imaginer en s’appuyant sur la tradition de l’Église et sur des études historiques sérieuses.
Par leur inspiration, ses conceptions le rattachent à l’école de Lamennais. Il l'avoue, tout en affirmant que son libéralisme est « modéré ». Sans doute, il ne cède pas aux réclamations abruptes, aux impatiences radicales de L’Avenir ; il souhaite que les principes soient clairement reconnus, quitte à laisser les applications se faire progressivement avec le temps. L'union morale des deux puissances s’impose autant à nos yeux que leur séparation légale et politique.

Pour modéré qu’il soit, le libéralisme du professeur de la Sorbonne n'en est pas moins décidé et conséquent. Maret refuse les solutions théologiques de ceux qui distinguent la thèse de l'hypothèse ; pour lui, la liberté de l’âme, la liberté religieuse n’est pas seulement un fait subi, elle est un droit qui con-sacre la liberté de l'homme, créé à l'image de Dieu. Sur ce fondement rationnel et chrétien peut légitimement s'édifier un ordre nouveau, produit d’une civilisation séculaire pétrie de christianisme. De ce droit reconnu, il tire toutes les conséquences et ne recule pas, comme d'autres libéraux, devant les exigences démocratiques de sa thèse.
Le texte de l’abbé Maret, scandaleux ou utopique lorsqu'il fut prononcé, paraît décrire à sa manière, une situation considérée comme normale un siècle plus tard. Sa position paraît presque évidente dans la France actuelle. La séparation radicale entre l'Église et l’État s'est révélée impossible et illusoire. Depuis la fin de la Première Guerre mondiale, l’Église et l'État en France, à défaut de Concordat, ne se sont-ils pas acheminés par une séparation dans la concorde ?


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