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L’HUMILITÉ CHEZ LES MYSTIQUES RHÉNANS ET NICOLAS DE CUES - DEMUT IN ECKHART UND CUSANUS

L’HUMILITÉ CHEZ LES MYSTIQUES RHÉNANS ET NICOLAS DE CUES - DEMUT IN ECKHART UND CUSANUS

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Date d'ajout : mardi 23 mai 2017

par Guido HENDRIX

REVUE D'HISTOIRE ECCLÉSIASTIQUE, mai 2107

Après une analyse assez brève des représentations de l'humilité chez Augustin, Hildegarde de Bingen et Thomas d'Aquin, MarieAnne VANNIER (p. 7-15), éditrice des douze contributions présentées ci-dessous, conclut : « Force est donc de constater que, pour Eckhart, l'humilité est la vertu par excellence et qu'en même temps, c'est par elle que l'être humain s'accomplit, d'où sa dimension ontologique ».

Un rapide parcours dans le monde des Pères du désert permet à Emmanuel FAURE (L'humilité chez les Pères du désert, p. 17-25) de conclure que ces Pères ont su tirer de l’humilité du Christ et de ses enseignements les conséquences pour la vie spirituelle, mais aussi pour les relations fraternelles. Ils ont pressenti que l'humilité manifestée dans l'abaissement du Fils révèle Dieu lui-même.
Viki RANFF, Demütige Selbstdarstellung bei Hildegard von Bingen und Nikolas von Kues (p. 27-40), constate que Hildegarde rappelle souvent sa faiblesse tandis que Nicolas de Cues garde ses faiblesses de caractère jusqu'à la fin. Mais l'un et l'autre ont confiance en Dieu dans la force et dans la faiblesse, dans le succès et dans l'échec, dans les bonnes intentions et dans les défaillances occasionnelles.
Freimut LÖSER, Maître Eckhart et l'humilité ? Du Sermo pasqualis au Procès de Cologne (p. 41-62), a constaté que le manuscrit latin N 83 de l'abbaye de Kremsmünster (rédigé avant 1298 sur l'ordre du moine bénédictin Dietmar d'Altaich et rassemblant 223 textes en tout), a un intérêt de premier ordre, car il transmet le premier sermon du Maitre Eckhart en langue latine, peut-être même son premier texte littéraire. Le sermon se réfère à la fête de Pâques en 1294, plus exactement à une date concrète, le 28 mars. À l'époque du procès de Cologne, les explications eckhartiennes à propos de l'humilité peuvent être réduites à cette pensée fondamentale: homo humilis est homo divin us.
Pour Jean-Claude LAGARRIGUE, L'humilité du Christ, comme fondement et comme échelle chez Eckhart (p. 63-75), l'humilité chez Eckhart dépasse très largement les descriptions habituelles, soucieuses de garantir l'ordre au sein de l'Église en faisant l'apologie de l'obéissance. Elle porte dans l'œuvre d'Eckhart parfois un autre nom, comme obéissance ou détachement, mais les noms importent peu. En réalité, le seul nom qui convienne vraiment est conformité au Christ : christiformité. Car pour Eckhart, c'est le Christ qui est le fondement et l'échelle céleste de l'Église.
Jean DEVRIENDT, L'apport du couple humilitas - Demütigkeit à une éthique de Maître Eckhart (p. 77-100). L'humilité, demut autant qu'humilitas, et la pauvreté sont des points importants qui nouent la théologie morale d'Eckhart et sa théologie mystique: à les suivre, on fail connaissance avec le thomisme éthique d'Eckhart, et l'apport d'Eckhart dans l'exploration de la divinisation de l'homme et l 'humanisation de Dieu. Eckhart a vécu en un moment où son positionnement éthique - et même politique ou ecclésial, dans la lutte des Spirituels contre la Papauté - s'ajoutait à des excès d'ascèse qui le mènent à souligner l'humilité comme modestie, dans la ligne d'auteurs antiques dont il cite les noms.
Christopher M. WOJTULEWICZ, Humilily and the power of Cod in the Parisian questions of Meister Eckhart (p. 101-111), réfère aux Cinquième et Sixième Questions parisiennes d'Eckhart pour définir la nature de l'humilité. La Question V considère la nature de la matière dans le corps du Christ sur la Croix, alors que la Question VI traite de la nature du pouvoir de l'homme. L'article vise donc à la compréhension eckhartienne de la faiblesse et de l'humilité en lien avec le corps, comme une source de puissance réelle, reliant profondément le récit théologique du Salut à la métaphysique de l'Incarnation et de la Toute-puissance de Dieu.
Harald SCHWAETZER, Haec reserare solent multis obscura legendi. Demut als Erkenntnisform der Wissenschaft (p. 113-123) étudie le rôle de l'humilité dans la science de la connaissance à partir de trois exemples typiques : le Didascalion d'Hugues de St-Victor, le De sapientia et le De visitatione de Nicolas de Cues, (qui a une position médiane) et le livre de Paul Feyerabend, La science dans une société libre.

Monique GRUBER, L'humilité et ses représentations chez Henri Suso (p. 125-140), a sélectionné dix figures qu'elle a trouvées dans des manuscrits contenant e. a. l'Exemplar de Henri Suso. On assiste, par ces images, à une descente progressive vers l’humilité. Elles complètent, de façon simple, ce que l'œuvre de Suso fait comprendre, que l'humilité est la vertu première du mystique.

Johanna HUECK, Die Demut der Sprache bei Nikolas von Kues (p. 141-152), vise à montrer que le phénomène du langage fonctionne chez Nicolas de Cues comme le lieu dont dispose l'être humain pour se connaître lui-même et relation avec Dieu. L'article a deuxièmement pour but de montrer que le langage peut lui-même devenir humble, à savoir inachevé et inadéquat.

Wolfgang Christian SCHNEIDER, Humilitas in mystagogischen Diagrammen des Mitlelalters (p. 153-188). Comme raccourcis visuels de la pensée, les diagrammes sont des références signifiantes. Leur origine remonte à l'Antiquité, où ils servaient à représenter l'ordre des catégories du savoir. Le Moyen Âge a utilisé des diagrammes remplis de textes, pour montrer dans leur ordre les vertus décisives pour la vie morale. Le renouveau de l'attention à l'écrit au 15e s. a conduit à une séparation plus marquée du visuel et du verbal dans les diagrammes, ce qui a favorisé des visualisations scéniques, dans lesquelles l’humilitas a progressivement disparu en faveur de la devotio.

Les remarques d'Alberto Fabio AMBROSIO, L'humilité au XVIIe siècle : entre réception de la mystique rhénane et Devotio moderna en Italie (p. 189-207) appellent plus l'hypothèse d'une influence de la mystique rhénane sur Pier Matteo Petrucci († 1701) et Ignazio Del Nente OP († 1648) qu'une conclusion l'affirmant de façon tranchante.


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