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01. HISTOIRE SPIRITUELLE DE LA FRANCE. Spiritualité du catholicisme en France et dans les pays de langue française des origines à 1914

01. HISTOIRE SPIRITUELLE DE LA FRANCE. Spiritualité du catholicisme en France et dans les pays de langue française des origines à 1914

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Date d'ajout : samedi 12 septembre 2015

par Alain DERVILLE

REVUE : REVUE DU NORD n° 187, octobre 1965

Le Dictionnaire de Spiritualité est l'une des entreprises qui font le plus d'honneur à l'édition française, qui maintiennent de nos jours la grande tradition érudite des XVIIe et XVIIIe siècles, que les siècles à venir rééditeront sans doute longtemps avant d'oser le recommencer, que l’étranger s'arrache mais que la France ignore trop souvent. Lancé en 1932 dans le sillage des grands dictionnaires catholiques, le D. S. n'en est encore qu'à aborder la lettre G, mais, depuis 1959, le rythme de la publication s'est accéléré : chaque année paraissent deux ou trois fascicules de quelque 300 colonnes chacun.
L'historien trouve beaucoup à s'instruire au long de ces colonnes, qu'il s'agisse d'une courte mais précise notice sur un saint ou sur un auteur spirituel, si floues qu'apparaissent leur expérience ou leur doctrine, qu'il s'agisse encore de ces fortes études synthétiques sur une dévotion ou sur un thème spirituel qui jettent des lumières extrêmement précieuses sur l'histoire des mentalités, qu'il s'agisse enfin de ces grands ensembles rédigés par des équipes de spécialistes, ainsi des copieux articles consacrés, dans le tome V, aux Frères Mineurs, aux Frères Prêcheurs ou à la France.
C'est ce dernier article qui vient d'être édité à part, en un précieux petit volume de 400 pages, sous le titre d'Histoire spirituelle de la France.
L'ouvrage comble une lacune. Il ne manque pas d'histoires de l'Eglise, certes non. Heureux quand elles ne se bornent pas à une histoire des papes et de leur politique, irrésistiblement entraînée vers des points de vue triomphalistes, ou quand elles ne se contentent pas de sauter, radieuses mais légères, d'un sommet à un autre… Pour la première fois, il est ici question avant tout de la vie chrétienne d'un peuple et de ses attitudes spirituelles.
Les résultats de cette synthèse provisoire, de cette esquisse, qui parfois prend la tournure d'une enquête préliminaire, sont à la fois prodigieusement excitants et cruellement décevants. Décevants, on l'a deviné, à cause des difficultés intrinsèques de l'entreprise et, parfois de la disproportion entre l'ambition, légitime et louable, des auteurs et l'état d'avancement de la recherche. E. R. Labande s'est clairement expliqué, dans son avant-propos, sur les difficultés de l'œuvre. Il est plus facile de définir la spiritualité comme « l'effort pour vivre de la vie divine » que de définir les contours. Une histoire de la spiritualité touche, ou devrait toucher à tout, à l'histoire de la culture, à celle de l'art, de la morale, de la philosophie et de la théologie ; et l’on pourrait sans peine en ajouter. Il lui est parfois difficile de se distinguer de ces histoires parallèles. Ensuite, s'il est relativement aisé d'étudier quelques illustres personnalités, quelques siècles d'or, quelques milieux privilégiés, les difficultés s'accumulent dès qu'il s'agit de parler de siècles ingrats, de milieux mal servis, de personnalités moyennes, et, plus généralement, de tous ceux qui, à la mesure de leur faiblesse et de leur ignorance, à la manière de leur temps et de leur milieu, ont tout de même tenté, peu ou prou, de « vivre de la vie divine », bref de soixante générations de chrétiens.
C'est pourquoi il faut louer hautement le parti des auteurs qui est, par exemple, de s'attacher également à la spiritualité des laïques et à celle des moines, aux expériences les plus hautes comme aux formes les plus humbles et les plus diffuses, aux siècles d'or comme aux âges ingrats. Le premier résultat de ce parti-pris est de faire apparaître les lacunes de notre connaissance. Certains chapitres ne sont pas beaucoup plus qu'un programme de recherches, ou plutôt, derrière l'état de la question, se profile toujours le schéma des grands axes de la recherche. Seuls les historiens sont décevants, l'histoire, elle, est passionnante, et, toute provisoire qu'elle est sur certains points, cette synthèse est bien venue qui ouvre à l'appétit des chercheurs tant de terres vierges. A lire ces pages truffées de références bibliographiques, on éprouve le même sentiment qu'à pénétrer sur un chantier de fouilles.
Une autre difficulté de l'entreprise tenait à son caractère nécessairement collectif. Elle semble avoir été surmontée. Le changement de ton et d'éclairage est parfois sensible quand on passe d'un auteur à l'autre, charme inattendu dans une œuvre volontairement austère, mais on a gommé les redites, harmonisé les conclusions, articulé judicieusement le découpage de l'exposé. Au-delà des collaborateurs de cette œuvre collective, il faut donc rendre l'hommage qui leur est dû à ceux qui ont conçu le plan d'ensemble et veillé à son exécution.
Chemin faisant, les auteurs ont encore souligné d'autres difficultés : ne traiter que des pays de langue française est évidemment assez arbitraire, surtout à certaines époques. Indispensable dans un dictionnaire que l'on consulte rapidement, où l'on veut trouver chaque chose à sa place, et qui permet de se reporter à d'autres articles, le parti est plus contestable dès qu'on édite à part ce fragment arraché à l'encyclopédie. Du reste, les auteurs ne cessent de noter, à toute époque, les emprunts des spirituels français à leurs voisins néerlandais, rhénans, italiens ou espagnols. Le retard avec lequel, très souvent, s'opèrent ces influences justifie, en fin de compte, le parti de ne traiter que de la spiritualité française. Peut-être faut-il plutôt regretter qu'on ait laissé dans l'ombre les « exportations ». Le rayonnement à l’étranger de la spiritualité française est à rechercher dans les articles du D. S. consacrés aux divers pays.
Enfin, cet ouvrage ne traite que de la spiritualité catholique, comme l'indique le sous-titre. C'est tout de même une limitation grave.
Mais ces critiques demeurent bien légères en face de rapport inestimable que représente ce petit volume. Sa richesse, sa densité sont telles qu'on renonce à en donner une idée: on ne pourrait tout dire, choisir serait mutiler. La qualité même des collaborateurs indique suffisamment le niveau où se place cette synthèse. Telle quelle, l'Histoire spirituelle de la France est un outil de travail indispensable, un irremplaçable instrument de recherche. On souhaite qu'il connaisse le succès qu'il mérite et qu'il amène de nombreux lecteurs aux trésors enfouis dans les colonnes du Dictionnaire de spiritualité.


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