Editions BEAUCHESNE

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01. HISTOIRE SPIRITUELLE DE LA FRANCE. Spiritualité du catholicisme en France et dans les pays de langue française des origines à 1914

01. HISTOIRE SPIRITUELLE DE LA FRANCE. Spiritualité du catholicisme en France et dans les pays de langue française des origines à 1914

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Date d'ajout : mercredi 19 août 2015

par Jean SGUY

REVUE : ARCHIVES DE SOCIOLOGIE DES RELIGIONS n°18, 1964

Cet ouvrage est à la fois le premier d'une collection nouvelle (Bibliothèque de Spiritualité) et la reproduction de l'article « France » du Dictionnaire de spiritualité publié par le même éditeur sous la direction du R. P. André Rayez, s.j. Par suite de leur destination première, les travaux ici présentés ont une allure à la fois encyclopédique et linéaire. Onze spécialistes ont collaboré à cette vaste fresque :
Michel de Certeau, Jacques Fontaine, René Labande, Jacques Le Brun, Jean Leclercq, Jacques Lewis, Jean-Pierre Massant, Jean Orcibal, Francis Rapp, André Rayez et Pierre Riché. Ces spécialistes ont abordé chacun une époque ou un ensemble, en s'en tenant, après le XVIe, siècle à la seule spiritualité catholique. Le sous-titre de l'ouvrage, plus explicite en vérité que le titre, marque bien cette limitation voulue.
Le professeur Labande évoque dans son « Avant-Propos », l’Histoire littéraire du sentiment religieux d'Henri Brémond. Il la trouve « incomplète et partiale », mais, ce qui nous importe, il veut établir une distinction entre « sentiment religieux » et « spiritualité », tout en reconnaissant que Brémond est surtout - en fait - un historien de la « spiritualité ». Cette passe d'armes qu'on ne pouvait guère éviter en la circonstance nous mène à nous poser une question. Qu'entendent les auteurs par « spiritualité du catholicisme en France » ? Notons d'abord - non pour leur en faire grief, mais pour souligner les difficultés de la terminologie en ce domaine - que pour eux, dans la mesure où le professeur Labande est un porte-parole fidèle, et il semble l'être, cette « spiritualité du catholicisme » est le « développement de la spiritualité chrétienne en France » (p. 1), la « spiritualité Catholique » (ibid.), la « vie intérieure » (ibid.), la « vie religieuse et spirituelle » (p. II), la « spiritualité en France », la « spiritualité française » (p. lII), tous termes ou expressions qui ne sont pourtant pas à proprement parler synonymes. Le vocable spiritualité revêt d'ailleurs un sens nettement plus précis lorsqu'il est question, en plusieurs endroits, de « spiritualité monastique », de la paix, de combat, etc. Mais on semble se trouver devant une troisième acception du terme lorsque l'on rencontre « spiritualité missionnaire », « spiritualité du laïc », etc. Il nous paraît qu'il conviendrait de distinguer et de préciser autant que faire se peut.
Un des grands mérites de l'ouvrage tient en ce qu'il se présente comme une somme des recherches faites, « en vue d'orienter les travaux à venir ». La bibliographie y a une très grande place et renvoie parfois à des manuscrits non publiés (des D.E.S. en particulier). Les controverses sont rapidement évoquées. On se limite aux lignes de faîte. Voit-on apparaître réellement, comme le suggère, avec discrétion d'ailleurs, le professeur Labande, une spécificité française de la vie spirituelle catholique ? Oui et non, mais elle n'est pas très nette à notre avis, pour des multitudes de raisons dont la première est sans doute à mettre au compte de l'état des travaux. Par contre on remarque d'ici de là une spécificité différentielle des zones, en quelque sorte, mais sont-elles homogènes dans le temps ? Vraisemblablement pas. On est également frappé de la place occupée par les spiritualités des grands ordres, par celle des dévotions. Les auteurs ont tenté de décrire aussi bien la vie spirituelle des religieux et des clercs que celle des laïcs, au moins dans la mesure où les sources le permettent. Or paradoxalement, c'est dans les périodes anciennes - jusqu'au XVe siècle en gros que cela a été le plus facile ! Il faut ensuite attendre le XIXe siècle pour retrouver des passages importants consacrés à ce dernier sujet. Qui est en cause ici ? L'état de la recherche, les auteurs - nous ne le croyons pas -, ou alors les faits ? De toutes façons, les spirituels des XVII-XVIIIe siècles paraissent s'adresser à une bourgeoisie et non pas à tout laïc. On recueille l'impression - mais est-ce plus qu'une impression ? - que dans les époques où la liturgie a été monopolisée par le clergé ou dans la mesure où elle l'a été, le peuple n'a plus de vie spirituelle ou une vie spirituelle qui n'est plus « digne » de figurer dans une « histoire de la spiritualité ».
Sans doute peut-on se demander si, dans une certaine mesure, une « histoire de la spiritualité » basée à la fois sur un certain nombre d'équivoques (évoquées plus haut à propos du vocabulaire), sur des cadres tout faits (les grandes « spiritualités »), et sur l'idée implicite que les livres en constituent la source principale, n'est pas vouée à donner une idée forcément distorse de la réalité. On croirait volontiers que la vie spirituelle du peuple, aussi digne d'intérêt que celle des clercs ou des bourgeois, ne saurait être étudiée complètement si l'on s'en tient pour ce faire à une « méthode théologique » selon l'expression d'Etienne Gilson citée et approuvée par le professeur Labande clans son Avant-propos.
Toutes ces réflexions n'enlèvent rien à l'intérêt et à la solidité de l'Histoire spirituelle de la France. Elles témoignent simplement de l'intérêt que l'on a pris à la lire et des problèmes qu'on a vu surgir chemin faisant.


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