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01. HISTOIRE SPIRITUELLE DE LA FRANCE. Spiritualité du catholicisme en France et dans les pays de langue française des origines à 1914

01. HISTOIRE SPIRITUELLE DE LA FRANCE. Spiritualité du catholicisme en France et dans les pays de langue française des origines à 1914

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Date d'ajout : mercredi 19 août 2015

par Pierre FLAMENT

REVUE : REVUE DE L’HISTOIRE DES RELIGIONS TOME 74 N°2, 1968

Premier volume d'une « Bibliothèque de spiritualité », cette Histoire, préfacée par le Pr Edmond-R. Labande, est la réédition d'un article paru dans le Dictionnaire de spiritualité sous le mot : « France » (t. V, col. 785-1004). Œuvre collective rédigée par des spécialistes, membres de l'Université et religieux, elle décrit, de l'Antiquité chrétienne à l'orée du XXe siècle, les courants spirituels qui ont traversé notre pays. Les auteurs entendent brosser « une esquisse de la vie religieuse et spirituelle » et, outre « ce qui est acquis… mettre en évidence les zones peu connues ». Ils veulent, à partir de l'homme, l'écouter « répondre… aux plus hautes sollicitations du Créateur ».
L'Antiquité chrétienne est exposée par M. Jacques Fontaine. Il note, à l'exception de l'épisode lyonnais, la faiblesse et l'incertitude des sources concernant cette époque éloignée, même après la paix de Constantin. Hilaire à Poitiers, Martin à Tours, Victrice à Rouen marquent les débuts de l'ascétisme en Gaule. Le culte des martyrs et des saints, la dévotion aux reliques, la coutume des pèlerinages, la création de lieux de culte, autant de signes qui ne peuvent tromper. Les invasions barbares du Ve siècle, parfois présentées comme un châtiment de Dieu, sont occasion de pénitence et motif de changement de vie. Alors prend naissance l'ascétisme provençal, dont la pastorale s'élargit. La Bible et les Pères, la liturgie, les récits de Passions de saints, sont des enrichissements nouveaux, qui ne parviennent pm; à ruiner encore les cultes païens des campagnes.
Le haut Moyen Age est présenté par MM. Pierre Riché et Jean Leclercq. C'est d'abord un aperçu des VIe-VIIIe siècles. Face au danger arien, grâce au progrès du monachisme en Gaule méridionale, la vie spirituelle des clercs et des fidèles tend à s'affiner. Pourtant, en Gaule franque, la formation spirituelle des clercs mérovingiens est compromise et la culture religieuse des évêques médiocre ; quant à celle des prêtres, elle est très faible. Les fidèles, pour leur part, ont le sens du sacré et la crainte de Dieu, mais aussi l'espérance du pardon et de la récompense finale : ils tendent à mener une vie spirituelle assez proche de celle des moines. Colombaniens et bénédictins travaillent à l'évangélisation des campagnes et à la fondation de nouvelles églises.
Une deuxième partie décrit la spiritualité monastique du VIe au XIIe siècle. Lentement les moines se libèrent des restes du paganisme et découvrent peu à peu une culture exclusivement chrétienne, qui prend appui sur le travail manuel, la mortification et la prière. Puis, sous les règnes de Pépin le Bref et de Charlemagne, se fait jour, notamment chez les clercs, plus encore chez les moines, un renouveau de la vie chrétienne où la prière publique et les rites occupent la première place, mais où l'ascèse et la prière privée sont en honneur. Cette piété se nourrit dans l'Écriture sainte, la liturgie et les Pères; elle se fait ainsi plus solide en sa doctrine, plus communautaire en son culte, plus orientée vers le service du prochain. Charlemagne disparu, renaît l'anarchie ; les abbayes passent en commende. Mais la réforme surgit ; des moines authentiques fondent de nouvelles maisons, dont Cluny demeure le plus brillant exemple répandant au loin son intensité spirituelle. Au XIIe siècle, tandis que saint Anselme perpétue la tradition la plus simple, la plus classique et la plus durable, des monastères nouveaux se fondent, Cîteaux avec saint Bernard, la Chartreuse avec saint Bruno. Il faut y joindre les ermites et les chanoines réguliers pour rassembler toute la richesse et saisir la variété prodigieuse de la spiritualité du XIIe siècle.
La troisième partie concerne la vie spirituelle des laïcs du Xe au XIIe siècle. Ceux-ci ont tenté d'acquérir une culture religieuse authentique. Charlemagne et ses descendants en possèdent une, approfondie. A leurs côtés, les aristocrates reçoivent leur direction spirituelle sous la forme de « miroirs », ou petits traités d'édification. Le peuple lui-même se laisse peu à peu gagner ; sa piété s'exprime à l'occasion des pèlerinages et de la vénération des reliques. Du Xe au XIIIe siècle, tandis que les uns guerroient pour le Christ, d'autres engagent le combat de l'ascèse et de la pauvreté.
Les XIIIe el XIVe siècles sont analysé par M. Edmond-Hené Labande, auteur de l'Avant-Propos. Tandis que se répandent les hérésies des amauriciens, des cathares et des vaudois, les ordres mendiants opèrent l'œuvre de redressement, frères prêcheurs avec saint Dominique, frères mineurs avec saint Bonaventure. A leurs côtés se rangent d'autres ordres nouveaux : carmes, croisiers, célestins. Sous leur impulsion vigoureuse, les écrits spirituels se multiplient : bénédictins, chartreux, cisterciens, victorins, franciscains, dominicains, célestins rivalisent, avec quelques séculiers, composant des ouvrages de mystique. Il n'est pas jusqu'au peuple chrétien qui ne trace sa voie spirituelle : depuis le roi – un saint Louis –, jusqu'aux plus humbles (béguines et bégards, tertiaires et flagellants), tous, avec plus ou moins d'orthodoxie, prêchent le culte de l'Eucharistie, celui de l'humanité du Christ, et favorisent la dévotion à la Vierge Marie.
Le XVe siècle est exposé par M. François Bapp. La guerre de Cent ans accentue la profondeur de la décadence, mais suscite la nostalgie de la pureté primitive, malgré la difficulté du redressement. La paix revenue, la seconde moitié du siècle connaît une intense restauration religieuse : réformes dans le clergé régulier, essais de formation de prêtres séculiers irréprochables. Les uns et les autres, vivifiés par les grands courants spirituels de leur temps, et notamment par l'Université, atteignent l'épanouissement de la ferveur. Gerson, d'Ailly et Ciboule, trois universitaires, œuvrent pour accroître le progrès spirituel, tandis que la Devotio morderna puise ses sources chez les spirituels rhénans et néerlandais. La fusion s'opère entre les deux courants de pensée. A leur école, malgré la faiblesse et l'ignorance d'un grand nombre, on discerne l'élan généreux des fidèles les plus fervents.
Le chapitre qui traite du XVIe siècle émane de trois spécialistes, MM. Jean-Pierre Massaut, Michel de Certeau et Jean Orcibal. C'est d'abord un tableau de l'humanisme au début du siècle, sorte de protestation des consciences chrétiennes contre les abus de la scolastique. Les humanistes préconisent une théologie pratique et affective, une spiritualité à la recherche du Christ. Par eux, les éditions de lu Bible, des Pères, comme celles des œuvres spirituelles du Moyen Age, se multiplient.
La réforme s'opère dans le catholicisme. La première moitié du siècle est marquée par une série de recherches et de tentatives, dans la discipline ecclésiastique comme dans la spiritualité. Il faut réformer les prêtres et les religieux si l'on veut transformer le peuple chrétien. Trois thèmes de recherche passionnent : la religion intérieure, la dévotion au Christ et l'union à l'insondable volonté de Dieu. Dans la seconde moitié du siècle intervient la lutte contre l'hérésie ; elle provoque dans le catholicisme toute une série de réformes, marquées de ruines et de renouveaux. Pénitence et Eucharistie sont mises en valeur, comme la vie d'oraison, et diffusées par toute une littérature spirituelle.
La fin du chapitre insiste sur les vingt dernières années du siècle, au cours desquelles, à de nombreux indices, on sent poindre l'épanouissement du XVIIe siècle. Réformes monastiques, influence des Chartreux, action de la cour d'Henri III puis de la Ligue, cercle réformateur de Mme Acarie, édition de plusieurs opuscules de Benoit de Canfeld et des premiers écrits de Bérulle, autant d'indices qui ne sauraient tromper.
Le grand siècle de la spiritualité française et ses lendemain est étudié par M. Jacques Le Brun. L'auteur mentionne d'abord les sources et les tendances de la spiritualité du Grand Siècle : Bible, pseudo-Denys, influences rhéno-flamande et carmélitaine, théologie mystique, humanisme dévot, attrait de la vie religieuse et spirituelle, tous ces éléments participent à la richesse de la spiritualité française nu XVIIe siècle.
Fait suite une analyse de l'esprit de la réforme (celui du Concile de Trente) dans le clergé séculier et régulier, par le truchement des Œuvres de charité, d'enseignement, d'apostolat missionnaire. On y discerne plusieurs courants spirituels originaux, dans le sillage de saint François de Sales, de Bérulle et de ses « disciples », de Port Royal, cœur du jansénisme, comme aussi l'élaboration d'un « moralisme psychologique », d'une morale chrétienne.
Les chefs de file recommandent certaines formes de prière, encouragent la vie liturgique, favorisent lu dévotion à l'Eucharistie, au Sacré-Cœur et à Notre-Dame, font paraître des ouvrages qui inspireront la spiritualité des fidèles. Souvent s'affrontent deux types de vie spirituelle, les mystiques et leurs opposants. Malgré le coup porté aux premiers par la crise du quiétisme, on peut suivre, nu XVIIIe siècle, la permanence d'un courant mystique.
La période qui va de la Révolution au début du XXe siècle est traitée par M. André Rayez. La littérature mystique n'apparaît plus guère, mais on constate une floraison de sainteté dans toutes les couches sociales de la masse chrétienne. Mystique et sainteté inspirent une prodigieuse activité apostolique de rechristianisation.
A la veille même de la Révolulion, on doit signaler un regain de vitalité, une renaissance, que prouvent de jeunes vocations, des missions paroissiales, des retraites publiques. La tourmente révolutionnaire est l'occasion d'une résistance spirituelle qui suscite l'admiration et forme le point de départ de sociétés nouvelles. Sous l'Empire, alors qu'il faut vaincre l'ignorance, l'indifférence et le conformisme de la masse, le génie du christianisme sonne le réveil du sentiment religieux.
Au cours du XIXe siècle, des courants de pensée opposent l'humanisme athée à l'humanisme et au romantisme chrétien ; un renouveau intellectuel et spirituel est perceptible, caractérisé par une dévotion préférentielle à l'Eucharistie, au Cœur de Jésus et à Marie. Ce renouveau est sensible dans le rayonnement des laïcs, soit à l'occasion de manifestations de masse, soit dans la vie chrétienne personnelle où lectures, retraites et associations conjuguent leurs efforts. Des militants surgissent autour de Fr. Ozanam, animent les Conférences de saint Vincent de Paul, suivent Armand de Melun ou Léon Harmel.
La spiritualité sacerdotale possède une doctrine solide, cohérente et profonde qui agit sur la formation spirituelle du clergé et, à la limite, sera capable de susciter un curé d'Ars. La même intensité créatrice est révélée par les fondations religieuses, certaines vouées à l'enfance et à l'adolescence, d'autres au service des malheureux, d'autres encore à l'évangélisation en pays de mission. Leur floraison, loin d'entraver le renouveau de la vie contemplative, lui sert de tremplin.
Ces efforts conjugués des laïcs, des prêtres et des religieux trouvent leur récompense dans l'abondance et l'éclat de la littérature spirituelle ; les maîtres spirituels foisonnent, dans la seconde moitié du siècle. A partir de 1880, une contagieuse série de conversions notoires, souvent retentissantes, vient couronner ce bel essor.
L'ouvrage s'achève sur une esquisse rapide se rapportant au Canada français ; elle est due à M. Jacques Lewis. Après l'épopée mystique qui marque les origines et son extraordinaire dynamisme, la vie religieuse se poursuit au Canada français, prenant appui sur trois institutions fondamentales : la famille, l'école et la paroisse. Absorbée par son action pastorale, l'Église canadienne sait pourtant conserver des « personnalités hautement vertueuses et unies à Dieu ». L'action religieuse qui s'y maintient comme la création d'instituts prospères laissent bien augurer de la vitalité des lendemains de cette Nouvelle France.
[…]
Qu'il nous soit permis de regretter, parmi les fondations religieuses consacrées, au XIXe siècle, à l'évangélisation de l'enfance et de l'adolescence, l'omission de la congrégation de l'Éducation chrétienne, fondée à Échauffour (Orne), en 1817, par un prêtre du diocèse de Sées, l'abbé Lafosse. Cette œuvre, toujours vivante, étend aujourd'hui son action apostolique sur trois continents. Au même titre, nous aurions été heureux de découvrir une courte mention des hospitalières, fondées à Sées, en 1818, par l'abbé Jean Bazin, sous le titre de Congrégation des Sœurs de la Miséricorde; religieuses infirmières à domicile. Mais il est vrai que M. Rayez ne pouvait tout dire et qu'il annonce, dans sa nomenclature, « quelques fondations… entre beaueoup d'autres » (p. 340).
L'ouvrage s'achève par un très important index onomastique: il court sur dix-neuf pages, en deux colonnes, renferme plus de mille noms et rendra d'éminents services aux chercheurs.
Pierre FLAMENT.


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