Editions BEAUCHESNE

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10. LE DEVENIR DE LA THÉOLOGIE CATHOLIQUE MONDIALE DEPUIS VATICAN II 1965-1999

10. LE DEVENIR DE LA THÉOLOGIE CATHOLIQUE MONDIALE DEPUIS VATICAN II 1965-1999

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Date d'ajout : samedi 12 septembre 2015

par Robert PERROUD

REVUE : L'AMI DU PEUPLE, AVRIL 2001

Les éditions Beauchesne publient un grand ouvrage conçu, rassemblé, partiellement rédigé et révisé par Mgr Joseph Doré, qui était alors directeur du Département de la Recherche de l'Institut Catholique de Paris et qui est devenu archevêque de Strasbourg : « Le devenir de la théologie catholique mondiale depuis Vatican Il, 1965-1999 ».
Ce titre annonce l'ampleur de sujet traité (Il couvre le monde entier), ainsi que sa spécificité scientifique : l'histoire récente et la situation actuelle de la théologie catholique.
Le volume se divise en deux parties à peu près égales : d'une part, la théologie en Europe, de l'autre, ce qu'elle est en Afrique, Amérique et Asie. Chacune de ces parties est formée d'une série de conférences ou d'exposés constituant autant de chapitres consacrés respectivement à un pays ou à une aire géographique (par exemple pour l'Asie : « L'Inde et l'Asie du Sud » et « Le monde sinisé : Chine, Taïwan, Corée, Japon ») qui ont été demandés à des experts s'exprimant depuis l'intérieur de ces aires. Par là, de prime abord, on aperçoit la variété de ces chapitres et le risque d'émiettement qu'elle représente pour l'ouvrage. Mais une « Postface » de Mgr Doré lui-même, véritable 3ème partie (même si elle n'occupe pas, dans le livre, le même espace que les deux autres) « noue la gerbe » et permet ainsi aux lecteurs non seulement de prendre une vue d'ensemble de ce qu'ils ont appris dans les parties précédentes mais aussi (et, dirais-je : surtout) d'en bien saisir la nature et d'en mesurer la portée intellectuelle, culturelle, non moins que sociale et historique
De l'histoire au panorama
Comme l'indique le titre du livre, celui-ci a un point de départ historique. Même si plus d'un chapitre démarre sur la situation, ici ou là, de la théologie avant Vatican Il, la vraie base de départ en est, partout, le Concile. Ce n'est pas non plus par hasard que l'ouvrage commence par la théologie en Europe, celle-ci ayant été pendant longtemps, sinon à peu près la seule, du moins la source des autres.
Une autre précision importante : le livre ne prétend pas à l'exhaustivité et ne le pouvait pas : Mgr Doré insiste, à juste titre, là-dessus. Il met le doigt sur certaines lacunes en elles-même regrettables mais liées à la « loi du genre ». Ainsi en va-t-il de l'absence du Portugal, du Mexique, du Vietnam ou des Philippines. Il précise même : « les aires géographico-culturelles effectivement traitées sont le plus souvent de manière plus allusive et évocatrice que longuement étayée et développée ».
De même, par la force des choses, le tableau est plus détaillé et concret (avec des éventails de noms d'auteurs et de titres d'ouvrages) dans certains chapitres, tels ceux de l'Europe, alors que, dans d'autres (pour l'Asie ou l'Amérique latine), l'accent est mis plus synthétiquement sur la nature des recherches théologiques.
De toute façon l'état des choses ainsi décrit est en pleine évolution. De plus en plus, la théologie s'internationalise au point de faire naitre désormais, chez ceux qui la cultivent, « la conscience de l’impossibilité (…) de développer une réflexion théologique responsable autrement qu'en lien effectif avec d'autres champs culturels et linguistiques que le leur propre ». D'où la nécessité et l'esprit même du livre.
Une mue décisive
En plus de son expansion géographique, la théologie connait, de ce fait et contemporainement, une mutation partielle de nature, des développements de sens qui la situent davantage dans la période historique que nous vivons Cela, bien sûr, sans rien perdre de sa rigueur dogmatique, de son « souci de bien dire Dieu d'une façon qui ne le défigure pas, en faisant pleinement honneur au passé dans lequel s'est déjà jouée l'histoire du salut ». Mais un souci apparaît partout, lié à la vocation d'ouverture au monde d'aujourd'hui, d'« aggionamento » qui était celle du Concile : la volonté « de trouver la voie en laquelle vérité et vie ne font qu'un ».
Cette tâche difficile et délicate se réalise, entre autres, par les contacts des théologiens entre eux et avec les représentants des sciences humaines (histoire, anthropologie, psychologie, sociologie, etc.) et par la prise en compte des situations locales et de celle, très répandue elle aussi, de la condition des pauvres dans le monde, dans de vastes continents restés longtemps silencieux tels que l'Afrique, l'Amérique latine ou l'Inde. Par là la théologie, suivant les cas, précède ou suit la vie même de l'Eglise dans les peuples, anime ou enregistre l'activité pastorale et celle des communautés ainsi que les changements, notables en certains pays, qui en découlent pour la vie de la société prise dans son ensemble (par exemple au Canada francophone ou en Espagne).
Bien entendu, cela ne va pas, ça et là, sans excès ni dérives. On se souvient, à cet égard, des « rappels à l'ordre » auxquels a donné lieu la « théologie de la Libération » ou les « théologies féministes ». Mais on sait bien que le progrès ne va pas sans à-coups et, dans l'ensemble, la voie suivie est celle du progrès.
Un autre élément nouveau, venu principalement du continent asiatique, est l'apport du dialogue interreligieux. En Asie, le catholicisme (et plus généralement le christianisme), très étroitement minoritaire, est comme noyé dans d'énormes masses confessionnelles, telles celles des bouddhistes ou des hindouistes - quand il ne se trouve pas, comme en Chine, dans une « situation de guerre ». Du coup, la théologie catholique s'y trouve soumise à de très fortes pressions, s'accroît de suggestions jusque là inédites, et court aussi des risques de contamination, ce qui ne l'empêche pas de poursuivre sa route, de continuer à s'approfondir.
Le présent et le futur
La « Postface » de Mgr Doré « se propose d'articuler dans son cadre les multiples fruits récoltés de la fréquentation de l'ensemble des quatorze contributions qui précèden » Aussi y trouve-t-on une analyse de ces contributions, complétée par une mise au point de ce qu'ensemble elles apportent. Cette conclusion (mais c'est là bien plus qu'une conclusion) se développe très savamment en suivant selon les termes même de son auteur - quatre « axes (…) correspondant (…) aux quatre dimensions du Mystère de la foi dans l'épître aux Ephésiens : la longueur, la largeur, la hauteur et la profondeur ».
Je n'ai évidemment pas à répéter ici ce que dit cette « Postface ». Je voudrais seulement essayer de résumer ce que recouvrent ces quatre « axes » Voici donc, très succintement :
- la « longueur » reparcourt, décrit, apprécie le déroulement historique de la théologie catholique depuis Vatican II ;
- la « largeur » contemple surtout les éléments, quantitatifs et qualitatifs, de l'expansion territoriale de cette de cette théologie ;
- la « hauteur » s'occupe du traitement de la « question de Dieu », et des modalités du rapport de Dieu à l'homme et à toute chose ;
- la « profondeur » concerne, réciproquement, l'homme, être corporel et spirituel, dans son rapport à Dieu (Je signale que, là, on trouve entre autres les problèmes posés par le rétrécissement du catholicisme dans la population de pays comme la France ou le Canada francophone, et par le déficit spirituel concomitant, en France notamment).
Enfin, « conclusion de la Conclusion », Mgr Doré rappelle quels importants renouvellements se manifestent dans la théologie, depuis Vatican II, et quels autres paraissent s'annoncer. Et à quelles conditions, pour cette théologie, comme d'ailleurs pour la foi catholique elle-même, il peut « y avoir un avenir ».


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