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10. LE DEVENIR DE LA THÉOLOGIE CATHOLIQUE MONDIALE DEPUIS VATICAN II 1965-1999

10. LE DEVENIR DE LA THÉOLOGIE CATHOLIQUE MONDIALE DEPUIS VATICAN II 1965-1999

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Date d'ajout : samedi 12 septembre 2015

par Roger AUBERT

REVUE : REVUE D'HISTOIRE ECCLÉSIASTIQUE LOUVAIN, mars 1977

Un tiers de siècle s'est écoulé depuis la fin du concile Vatican II et, au cours de ces 35 années, la théologie catholique a profondément évolué. Non seulement ses méthodes et ses objets se sont considérablement transformés, mais en outre, à l'unité centrée sur l'Europe occidentale qui l'avait caractérisée pendant un millénaire, s'est de plus en plus substituée une pluralité géographique par suite de la place croissante prise par les théologiens du Tiers Monde (une évolution amorcée par les débats à l'Université Lovanium de Kinshasa en 1959-60 et accentuée à partir de la fin des années 1960 par l'intervention de G. Gutierrez). Le doyen de la faculté de théologie de Paris (devenu depuis lors archevêque de Strasbourg) a tenté de faire le point grâce à 18 collaborateurs.
La 1ère partie, consacrée à l'Europe, s'ouvre par un chapitre sur l'Université Grégorienne, dont l'A. (L. LADARIA), avant de passer en revue l'œuvre de « la génération du concile Vatican II » (notamment J. Alfaro, R. Latourelle, dont les nombreux ouvrages sur la théologie fondamentale eurent « une énorme diffusion », et A. Orbe, spécialiste de S. Irénée), consacre 5 pages « à quelques figures pré-conciliaires » (Lennerz, Galtier, Boyer, Tromp, Lonergan), ce qui a l'avantage d'évoquer, très brièvement, « le contexte immédiat antérieur ». - S. PIÉ 1 NINOT donne un bon tableau de l'évolution de la théologie en Espagne, « l'un des pays qui a eu le moins d'influence sur Vatican II et en même temps l'un des pays où Vatican II a eu l'influence la plus puissante », relevant notamment la multiplication de traductions d'œuvres d'auteurs protestants. - K. NEUFELD présente « l'aire germanophone », où le concile a confirmé bon nombre de tendances antérieures mais a également encouragé « des propositions de moins en moins sérieuses », bien que la division politique de l'Allemagne ait eu pour conséquence que, malgré une nette orientation vers la contestation, « toute perspective simplement gauchiste ne pouvait trouver aucun crédit ». - G. RUGGIERI relève que si les sciences humaines ont eu sur la théologie italienne un rôle « beaucoup plus modéré qu'en France », néanmoins l'évolution fut très nette par rapport à la situation antérieure au concile, où la théologie des facultés ecclésiastiques était « privée de cette osmose avec la culture du temps, qui est la condition même d'une théologie vivante » ; il insiste en particulier sur l'orientation nouvelle que « le rapport à l'histoire » a apportée en christologie. - P. VALLIN, chargé de la France, après une « esquisse christologique » (qui relève notamment « la différenciation qui tend à s'instaurer entre les théologiens français de la génération du Concile et leurs successeurs », ainsi que l'influence croissante des traditions weberiennes et freudiennes), présente, sans s'arrêter aux individualités, un tableau synthétiques et nuancé des réalisations selon les principaux domaines d'intérêt, insistant notamment sur le fait que, bien qu'encore trop timidement, la production théologique en France s'est de plus en plus adressée à un public de non-spécialistes notamment à des non-croyants ou à des chrétiens « recommençants ». - L'exposé sur la Belgique, par A. DENAUX (pour le secteur flamand) et G. HARPIGNY (pour le secteur francophone), est particulièrement détaillé pour chacun des professeurs des deux facultés de Leuven et de Louvain-la-Neuve mais on aurait souhaité que les tendances générales et les éventuelles évolutions soient mieux dégagées. - C'est au contraire ce que font F. DE GRYS et L. G. M. WINKELIER pour les Pays-Bas, où à la théologie très classique d'avant le concile fait place, d'une part, une fragmentation et, de l'autre, une orientation anthropocentrique (« ce n'était plus Dieu ni l'implication de Dieu en tout qui retenaient l'attention de la théologie mais les hommes, leur expérience, leur histoire, leurs théories et idéologies »; à noter aussi la « décléricalisation de la théologie », plus accentuée qu'ailleurs et la constatation que « la distance entre les théologiens et le gouvernement de l'Église s'agrandit rapidement » - Aucun chapitre pour l'Angleterre et l'Irlande ni, ce qui est plus regrettable, pour les pays d'au-delà du rideau de fer, notamment la Pologne. Aucune explication n'est fournie de ces lacunes.
Viennent ensuite, par ordre alphabétique, les autres parties du monde. D'abord l'Afrique, en deux chapitres : L'Afrique francophone, par H. DANET et E. MESS! METOGO (trois aires géographiques autour des centres de Kinshasa et Yaoundé pour l'Afrique centrale et d'Abidjan pour l'Afrique de l'Ouest ; « des chantiers plutôt que des systèmes »; le début du passage « de l'idée d'une simple expression africaine de la théologie à celle d'une théologie africaine », notamment en christologie) ; et l'Afrique anglophone, par E. UZUKWU (la fin d'une théologie purement confessionnelle ; « l'impact de la culture religieuse africaine se voit premièrement dans l'évolution de la conception de Dieu en Afrique traditionnelle, en second lieu dans la théologie orale et symbolique - la liturgie - et finalement dans la théologie systématique surtout en christologie » ; à noter l'apparition d'une « théologie féministe africaine ». - L'Amérique fait l'objet de trois chapitres : le Canada francophone, par G. ROUTHIER (le point de départ : la théologie préconciliaire, une théologie « romaine » insignifiante du point de vue du rayonnement ; l'entrée des sciences humaines dans le champ de la théologie et la rupture de l'évolution de la théologie francophone au Canada, qui s'était amorcée peu avant la réunion du concile ; le premier aggiornamento, 1965-1973 ; les difficiles cheminements vers les premières synthèses nouvelles; la situation actuelle, « à la fois forte et fragile ») ; les États-Unis, par A. DULLES (qui se focalise sur la théologie dogmatique : une théologie pluraliste, en dialogue avec les autres confessions et avec les religions non-chrétiennes, donnant la préférence à la méthode inductive, qui ne craint pas certains désaccords avec le Magistère, une. théologie qui demeure très liée aux maîtres européens tels que de Lubac, Rahner, Balthasar et Schillebeeckx et où seul Lonergan a fondé une école); l'Amérique latine, par M. MAIER (où la part du lion revient évidemment à la théologie de la libération - élaboration en 1967-71, croissance de 1971 à 1979, systématisation de 1980 à 1989, redépart à partir de 1989). - Enfin, l'Asie, en deux chapitres : l'Inde et l'Asie du Sud, par F. A. MACHADO (deux courants théologiques, l'un centré sur la facette religioso-culturelle, l'autre sur la facette socio-politique, qui s'efforcent d'intégrer la présence positive d'autres traditions religieuses et une riche diversité des cultures, mais qui négligent trop le fait que la religiosité des peuples sud-asiatiques est foncièrement contemplative) ; le monde sinisé : Chine; Taiwan, Corée, Japon, par B. VERMANDER (les contextes culturel, social et religieux ; le rapport à la tradition philosophique chinoise, aux divers bouddhismes - surtout au Japon - et à la religiosité populaire - surtout en Corée) ; trois projets qui s'esquissent, où « narrativité », théologie politique et pneumatologie sont les maîtres-mots).
La Postface par J. Doré (p. 429-458) est particulièrement intéressante. On y trouve une série de réflexions groupées sous quatre aspects : « La longueur» c.-à-d. le point de vue de la durée (le point de départ, l'événement conciliaire, les suites du concile, où on peut distinguer trois étapes : la confirmation, la contestation, une nouvelle recherche) ; « La largeur », c.-à-d. le point de vue géographique (la planétarisation de la théologie) ; « la hauteur » (le souci pastoral croissant de la théologie, le recours de plus en plus développé aux sciences humaines, l'évolution du statut universitaire de la théologie et de sa « réceptibilité » dans la société et par la culture d'aujourd'hui) : « La profondeur » (l'importance accordée, à côté du point de vue de Dieu, au point de vue de J'homme en son devenir : « la théologie postconciliaire a découvert qu'elle n'a pas besoin de faire allégeance à Marx ou aux sciences sociales, même si elle peut s'y référer, pour réaliser qu'elle doit se donner une dimension pratique - et donc politico-sociale - si elle veut authentiquement parler du Dieu dont elle confesse l'incarnation en Jésus-Christ ».
Faut-il ajouter que si ce gros ouvrage s'adresse avant tout aux théologiens, il est fort intéressant pour les historiens de l'Église soucieux de ne pas se limiter aux aspects événementiels ou institutionnels. On peut évidemment regretter certaines lacunes - que le responsable de l'entreprise ne nie pas - mais ce qu'on y trouve est d'une grande richesse [Une erreur à corriger, p. 164: « la fermeture de l'Université de Louvain en 1797 par le roi Guillaume 1er » !].


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