Editions BEAUCHESNE

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CHARLES DICKENS, la musique et la vie artistique à Londres à l’époque victorienne Suivi d’un Dictionnaire biographique et d’un
 Dictionnaire des personnages cités

CHARLES DICKENS, la musique et la vie artistique à Londres à l’époque victorienne Suivi d’un Dictionnaire biographique et d’un
 Dictionnaire des personnages cités

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Date d'ajout : dimanche 01 mars 2015

par Christine LABROCHE

REVUE : CONCERTO.NET


Persuadé de l’extrême relativité de la déclaration que l’Angleterre du XIXe siècle était un pays sans musique, James Lyon examine l’activité musicale au quotidien de la population, toutes les couches sociales confondues, et prend comme témoin, preuve et sujet principal Charles Dickens (1812-1870), l’homme, l’écrivain et l’humaniste, au travers de la place que prenaient la musique et la vie artistique au cours de sa vie et dans ses écrits. Habile, adroit et minutieusement renseigné, Lyon croise intimement le parcours de Dickens, de l’enfance à la mort, les événements culturels du pays auxquels il prenait part directement ou indirectement et la manière dont, la musique en tête, ces différents aspects se tissaient à son œuvre. Triple fresque, complexe, finement développée et haute en couleur, le propos respecte l’ordre chronologique et enchaîne des notes détaillées, des références musicales et deux impressionnants dictionnaires thématiques rédigés par l’auteur, qui le complètent et l’amplifient.


L’ouvrage révèle une vie musicale, à Londres et dans tout le pays, plus universelle et populaire qu’élitiste, l’éducation musicale, par le chant et par une pratique instrumentale, sans cesse promue en tout lieu, du foyer au conservatoire. Le goût pour les oratorios persistait, l’hymnologie, dans le sens religieux et aussi dans le sens étendu de la pratique générale du chant, s’enrichissait par la composition, la publication de recueils et un intérêt accru pour le chant folklorique (terme conçu en 1846). La Société Philharmonique, commanditaire d’œuvres orchestrales et de chambre, prit son essor dès 1813. 1822 vit la création de la Royal Academy of Music et l’épanouissement des premiers concerts «promenade». En parallèle, la pratique intense du chant choral étoffait les maîtrises des cathédrales et animait les églises tandis que les théâtres attiraient un public diversifié friand d’opéra et d’opéra comique. Dans les clubs et les estaminets retentissaient les glees et les part-songs et dans les rues les instrumentistes plus ou moins doués rivalisaient avec les promoteurs de ballades à la mode. Comme l’écrivit Berlioz: «Il n’y a pas de ville au monde où l’on consomme autant de musique qu’à Londres.»


Au fil de l’ouvrage se dégage le portrait de Dickens et de son vif intérêt pour la musique. Peut-être envieux, pendant son jeune âge, de son compagnon de chant, sa sœur Fanny, une des premières élèves de la Royal Academy, adulte il participait pleinement à la vie artistique à Londres. Il avait une voix de ténor qui lui permettait aussi bien de se joindre activement aux soirées musicales de sa belle-famille, les Hogarth, à la grande culture musicale que de se donner au chant populaire y compris les glees (pour lesquels il écrivit quelques textes), les ballades de Charles Dibdin et de Thomas Moore, entre autres, ou les airs de L’Opéra des gueux de Gay et Pepusch. Ses préférences en musique classique allaient à Mendelssohn, Chopin et Mozart. Il connaissait Meyerbeer et Auber et appréciait les œuvres de son ami Arthur Sullivan. Il aimait assister aux concerts et à l’opéra (Jenny Lind était aussi une amie). Il osa un unique livret d’opéra comique (The Village Coquettes) mis en musique par John Hullah et malencontreusement détruit lors de l’un de ces incendies qui frappaient fréquemment les théâtres londoniens, comme tant d’autres manuscrits.


James Lyon considère que « pour tous ces motifs, elle [la musique] a singulièrement influencé l’expression littéraire de Dickens, même plus, l’a fécondée ». La haute valeur de son ouvrage réside en sa présentation claire et précise d’une interpénétration complexe de faits de vie personnelle et de culture musicale, artistique et littéraire qui approfondissent la caractérisation puissante des personnages des romans de Dickens, tout en en enrichissant les intrigues, les événements et les toiles de fond souvent socialement dramatiques. Lyon fournit une abondance de détails à l’appui pertinent de son propos. Viennent en nombre les noms et les faits de personnages réels que Dickens côtoyait mêlés à la multitude de ceux de ses personnages touchés par la musique et aux citations musicales souvent obliques qui émaillent ses écrits. Pour informer et pour pallier d’éventuelles défaillances du lecteur moins au fait de l’époque ou de l’œuvre de Dickens, Lyon consacre autant de pages à des notes détaillées, aux références musicales précises de toutes les chansons et airs qu’il cite et à deux dictionnaires de référence, précieux au-delà de l’ouvrage même, le premier le dictionnaire biographique de toutes les personnes nommées, le second le dictionnaire des personnages dickensiens enrichis par la musique à travers l’ensemble de son œuvre. La minutie de la recherche et la clarté de la rédaction impressionnent.


Par l’érudition de son auteur et par son exploration poussée de terres quasiment vierges, l’ouvrage apportera beaucoup aux musicologues, aux hommes de lettres, aux anglicistes, aux humanistes, aux historiens et aux mélomanes qui s’intéressent en particulier à l’hymnologie dans l’acception la plus large du terme. Le lecteur en sortira enrichi.
Collection L’Education musicale – 267 pages – Préface de Jean-Pierre Amann.


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