Editions BEAUCHESNE

26.00 €

LA RECHERCHE HYMNOLOGIQUE

LA RECHERCHE HYMNOLOGIQUE

Ajouter au panier

Date d'ajout : lundi 23 novembre 2015

par Dr . M. BRAEKMAN

REVUE : CHRONIQUE DE LA SOCIÉTÉ ROYALE D'HISTOIRE DU PROTESTANTISME BELGE, septembre 2001

Nous conseillons à ceux qui ont la mauvaise habitude de "sauter" l'Introduction de lire attentivement celle-ci (p. 1-3). Les trois entrées : étymologie, définitions et objectifs sont essentiels pour la compréhension des deux parties qui suivent. L 'hymnologie, à ne pas confondre avec l 'hymnodie, est la science des chants religieux, hymne étant dans ce cas du genre féminin. Elle est interdisciplinaire (théologie, musicologie, histoire, littératures, pratiques et techniques musicales) et interconfessionnelle.
La première partie, intitulée L 'hymnologie et ses implications, histoire et formation (p. 5-64) présente d'abord un historique (p. 5-40) s'étendant sur vingt siècles recensant des chants cultuels, des traités théoriques et des recueils de psaumes et cantiques. Pour les hymnes du Moyen Âge, Édith Weber donne souvent l'emploi qui en fut fait à partir de la réforme, soit pour les mélodies, soit pour les paraphrases en langues vulgaires. A partir du 16e siècle, l'auteur se limite aux domaines des langues française et germanique. L'apport anglo-saxon est passé sous silence, pourtant de nombreuses hymnes anglicanes et méthodistes furent introduites dans les recueils du Continent européen. Ensuite, trois chapitres détaillent les Institutions et centres de recherche (p. 41-48), L'organisation des études (p. 49-52) et un Profil des métiers et services (p. 53-64), c'est-à-dire le cantor, le chef de chœur, l'organiste, l'hymnologue et l'éditeur.
La seconde partie, La recherche hymnologique, méthodologie et répertoire (p. 65-152) est consacrée à un état de la question de L'hymnologie au 20e siècle (p. 65-84) et aux typologies. La première (p. 85-94) concerne les couleurs liturgiques et le calendrier ecclésiastique, suivi notamment par les Églises luthériennes avec de très légers changements par rapport au rituel catholique romain. Nous notons que l'auteur ne parle du "carême" que pour les catholiques, mais du "temps de la passion" pour les protestants. La deuxième typologie du répertoire hymnologique protestant (p. 95-102) recense les recueils de psaumes et cantiques en usage en France et en Suisse romande, ainsi que ceux employés dans les pays de langue germanique, puis développe leurs structures hymniques.
La typologie des formes vocales monodiques (p. 103-124) étudie le déroulement de la messe romaine dans ses deux composantes, l'ordinaire (Ordo Missæ), où les éléments sont invariables, et le propre (Proprium), où ils sont variables pour les différentes fêtes, notamment ceux qui sont chantés par les fidèles, le chœur ou le chantre. Ensuite, Édith Weber donne l'historique de la messe luthérienne ou évangélique (Deutsche Messe) et définit à l'aide d'exemples les formes vocales: cantique, choral, décalogue chanté, hymne, passion monodique, prière, dont le Notre Père chanté, proverbe, psaume monodique, psautier, Psautier huguenot, et répons, "ne pas confondre répons (catholique, luthérien) avec chant spontané (réformé)".
La typologie des formes vocales concertantes (p. 125-144) expose les différentes prestations polyphoniques, le plus souvent en dehors d'une célébration cultuelle, tels la cantate, le concert spirituel, les Exequien (= obsèques), "à ne pas confondre avec le requiem catholique", le magnificat, la messe concertante, le motet, l'oratorio, les passions (-répons, -motets, -oratorios), les psaumes polyphoniques protestants et catholiques, et les requiem.
La dernière typologie des formes instrumentales : orgue (p. 145-152) est consacrée aux exécutions sur cet instrument, lorsqu'elles reposent sur une source hymnique : chacone, fantaisie, fugue, improvisation, partita, prélude (Vorspiel), prélude de choral (Choralvorspiel) et les variations. Pour la plupart de ces termes l'équivalent en langue allemande est inclus dans la notice.
En conclusion, Édith Weber constate qu'entre les hymnographes au Moyen Âge, les créateurs à l'époque de la Réforme et les hymnologues modernes la distance est grande, mais qu'à l'heure actuelle l'hymnologie est encore un ''parent pauvre [...] entre ceux qui savent de quoi est faite la musique et ceux qui se contentent de la pratiquer".
Une importante bibliographie de vingt-quatre pages et un indispensable glossaire multilingue de vingt pages clôturent cet ouvrage.
Ce livre est d'une telle richesse que le résumé que nous donnons ne peut exprimer la valeur de ces pages, fruit d'un enseignement de cinquante ans à Strasbourg, puis à l'Université de Paris-Sorbonne, Nous ne saurions assez le recommander aux organistes, aux chefs de chœur, aux pasteurs… et aux musiciens.
[ En ce qui concerne la Belgique, Édith Weber nous pardonnera d'ajouter quelques éléments historiques pour les 19e et 20e siècles. Sous le régime des Pays-Bas-Unis, les Églises protestantes se servaient du Psautier Wallon. Après la création du Royaume, l'Église Protestante de Bruxelles (Chapelle royale) eut son propre recueil dès 1840, Cantiques à l'usage de l'Église évangélique française et allemande de Bruxelles, comprenant 117 cantiques se chantant sur 35 mélodies. En ce qui concerne les autres communautés les renseignements font défaut. Sept ans plus tard, la Société Évangélique Belge publiait un Recueil de Cantiques chrétiens qui en 1860 fut remplacé par les Cantiques chrétiens à l'usage de l'Église chrétienne missionnaire belge. En 1906, la 4e édition, qui comprenait 323 hymnes, était intitulée Recueil de Cantiques à l'usage des Églises protestantes évangéliques belges et était le fruit d'une Commission de pasteurs et de laïcs de l'Église missionnaire et de l'Union des Églises protestantes évangéliques de Belgique, en vue de doter l'ensemble du protestantisme belge d'un livre unique. Il fut remplacé en 1958 par Louange et Prière, 4e édition avec un supplément pour la Belgique (cité par Édith Weber, p. 97). Actuellement, l'Église Protestante Unie de Belgique a renoué avec une "belle" diversité de recueils : Louange et Prière, Nos cœurs te chantent, Arc-en-ciel, etc.].


Donnez votre avis Retour
RECHERCHER DANS LE CATALOGUE BEAUCHESNE

aide


DICTIONNAIRE DE SPIRITUALITÉ
ÉDITION RELIÉE
DS

LE COMPLÉMENT PAPIER INDISPENSABLE DE :

DS
ÉDITION EN LIGNE




EN SOUSCRIPTION
LES IMAGES DE DÉVOTION EN EUROPE XVIe XXIe SIÈCLE Une précieuse histoire


EN PRÉPARATION
MAÎTRE ECKHART ET LES "BÉGUINES"

LA RÉVOLUTION DE L’ÉCRIT. EFFETS ESTHÉTIQUES ET CULTURELS

Le baptême, sacrement de la foi

FOLIES ET RIEN QUE FOLIES

Fascicule I
dans la même collection
Fascicule II Fascicule III Fascicule IVa Fascicule IVb

PENSÉE SYMPHONIQUE

LE POUVOIR AU FÉMININ

CHARLES DE BOVELLES, PHILOSOPHE ET PÉDAGOGUE

JEAN BAUDOIN (CA. 1584-1650) Le moraliste et l’expression emblématique

Écrits sur la religion


L'Education Musicale


SYNTHÈSE DOGMATIQUE

Partager et Faire savoir
Partager sur Facebook Partager sur Twitter Partager sur Google Buzz Partager sur Digg