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L'ÉVANGILE DE LA VIE Tomes 1 & 2

L\'ÉVANGILE DE LA VIE Tomes 1 & 2

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Date d'ajout : mardi 22 décembre 2015

par Jean-Marc DUFORT

REVUE : RELATIONS, janvier 2000

L’ouvrage de ce médecin abondamment nourri de bioéthique et appartenant au cercle de J. Lejeune se propose comme objectif de relever la notion de vie humaine comme notion fondamentale de l'encyclique L'Évangile de la vie publié, en 1995, par le Pape Jean-Paul Il, et d'en examiner les propriétés essentielles pour mieux connaître la vie de l'homme selon ses diverses dimensions. L'auteur cherche en outre à mettre en lumière comme moraliste les raisons profondes, l'actualité et les conséquences pratiques de l'encyclique.
L'étude procède selon un double mouvement: analytique, en approfondissant les problèmes inhérents à la vie de l'homme, et synthétique, en reliant dans une vision d'ensemble chacun des grands thèmes moraux abordés. L'exposé revêt ainsi un caractère fortement didactique adossé d'abord à l'ontologie thomiste et aux enseignements des conciles. Il se complète au moyen d'une approche « culturelle et sociale de la société moderne en prolongement des descriptions précises de l'encyclique ».
L'auteur résume d'un mot le document de Jean-Paul II : une synthèse de l'enseignement de l'Église sur la vie. Il en montre aussi l'originalité, qui repose sur l'intégration de plusieurs disciplines touchant diverses dimensions de la personne humaine. Ces dimensions, l'ouvrage les déploiera en six chapitres. Le premier, biologique, présente les résultats des sciences médicales; le second, philosophique, présente les rapports entre les faits biologiques et la relation entre la vie embryonnaire et la personnalité accomplie. Le troisième, sociologique, oppose l'Évangile de la vie à la culture de la mort et analyse les menaces actuelles contre la vie. L'indifférence lui paraît être l'un des traits majeurs de la civilisation moderne ; l'auteur y joint d'amples développements sur la perte du sens de la famille, la perte de la solidarité, la perte du sens moral et de la conscience individuelle.
Le quatrième chapitre - juridique reprend la distinction classique entre le droit et la morale, rappelle le rôle fondamental du droit naturel en regard du droit positif, remonte à l'origine du droit à la vie et revoit les diverses positions des sociétés civiles par rapport à l'euthanasie, à commencer par le précédent de l'Allemagne nazie, pour finir avec les deux sommets avancés que forment aujourd'hui la Hollande et l'Australie. Une notion fondamentale introduit le chapitre suivant, qui est théologique : « la vie de l'homme est toujours un bien, car elle est la vie d'une personne créée à l'image de Dieu » (II-138). Sur ce point capital, le Saint-Père engage tout le poids de son magistère (n. 57 de l'encyclique), et son engagement revient encore par deux fois, à propos de l'avortement et de l'euthanasie. En outre, l'auteur relève la double expression « image et ressemblance », qui porte sa richesse de signification au point de vue anthropologique. L'homme qui veut se comprendre lui-même doit « s'approprier et s'assimiler la réalité de l'Incarnation et de la Rédemption pour se retrouver soi-même et devenir un autre Christ » (ibid.).
Au sixième chapitre - éthique -, on aborde à cette lumière les grands dossiers de la morale et de la vie. La connaissance morale prend son point de départ dans l'aspiration au bien, alors que le principe moral relève de la vertu de justice. On y fait la critique de la séparation entre le bien et le devoir ainsi que de la subordination du premier au second au nom de la finalité de l'être humain. « II existe une fin de l'homme qui ne dépend pas seulement de sa volonté. La création fait l'homme et le pose libre » (11-139).
Par cette présentation de l'encyclique en six chapitres selon des catégories systématiques, on reconnaît le propos fondamental de l'ouvrage : montrer que ce document est en fait un traité d'authentique théologie morale. On ne contestera pas le fait que le Saint-Père ne se montre au long du texte préoccupé par les graves questions qui se posent. Mais le lecteur attentif de l'encyclique saisira que là ne se trouve pas le centre nerveux d'où rayonne la pensée du pape et où elle revient constamment. Ce centre réside dans le monde biblique qui s'étend à la mesure de cet enseignement, dans lequel il baigne et dont le pape tire toutes sortes d'applications et de leçons. Ce premier constat nous empêche de parler de « traité » dans pareil cas; il s'agit plutôt d'une contemplation de la vie « nouvelle et éternelle, à laquelle tout homme est appelé », et dans laquelle « les moments de la vie de l'homme acquièrent tous leur pleine signification » (n. 1). Les passages de l'Écriture, qui coiffent chacune des subdivisions des chapitres, ne sont pas de simples prétextes à une relance de la pensée ; ils sont à chaque fois l'amorce d'une méditation de l'Écriture où reviennent les genres littéraires de la Bible : sagesse, prophétisme, apocalyptique.
Il y a là une question de méthode. Le commentaire de notre auteur est trop lourdement engagé dans un traité de théologie morale pour porter attention à ce dernier point de vue. On y multiplie les exposés - surtout dans la partie intitulée « la vie biologique » - qui se situent décidément en marge du document de Jean-Paul Il, alors qu'ils ont déjà fait l'objet d'ouvrages consacrés à cette fin. On a alors l'impression d'une vaste fresque à couleur encyclopédique, dont les deux volets, la raison et la foi, confèrent à l'ensemble un caractère plutôt artificiel.
À propos du sens de la foi, l'auteur affirme que le concile Vatican II le présente comme conséquence du Magistère (II-114). C'est à la fois mal comprendre la foi, qui prend sa source en Dieu même et est d'ordre surnaturel, et le rôle du magistère qui en demeure l'interprète authentique (Vatican II, Lumen Gentium, nos 12, 25, 27).
La lecture de cet ouvrage en fait ressortir le caractère fortement documenté, voire encyclopédique (le pape ne voulait pas tout dire sur le sujet !), sauf en ce qui concerne la Parole de Dieu, comme d'aucuns l'avaient déjà fait remarquer. L'auteur aurait pu souhaiter que le texte de Jean- Paul II intégrât davantage une réflexion sur le discernement pastoral, ainsi qu'un renouveau du langage dans la réflexion sur les problèmes particuliers de la vie morale.


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