LA PENSÉE MUSICALE DE THEODOR W. ADORNO. L’épique et le temps, Editions BEAUCHESNE

LA PENSÉE MUSICALE DE THEODOR W. ADORNO. L’épique et le temps

Recensions (2)

LA PENSÉE MUSICALE DE THEODOR W. ADORNO. L’épique et le temps
Anne BOISSIÈRE

EAN/ISBN : 9782701015675
Nb de pages : 218
Année : 2010
23.00 €

La question de la musique n’est pas celle d’une sphère séparée, prétendument celle de l’esthétique, mais elle relève chez Theodor W. Adorno d’une position globale, celle de la philosophie dans son rapport au XXe siècle. L’interrogation philosophique, pour sa part, se modifie dialectiquement en relation avec l’époque, et en particulier avec le destin de la musique. La réception d’Adorno, pourtant, a contribué paradoxalement à créer de nouvelles scissions : la sphère du savoir musicologique se borne souvent à l’image d’un zélateur de Schœnberg, méprisant l’art des masses et se tenant dans un rapport douteux aux avant-gardes ; la rationalité philosophique tendrait plutôt à y voir un témoin embarrassant des premiers pas de l’École de Francfort. De tels clivages reflètent une division du travail académique plutôt qu’une nécessité de la chose, laquelle invite à une autre démarche.
Cet ouvrage part de l’exigence méthodologique d’une philosophie du concret, pleinement réalisée dans le livre qu’Adorno consacre à la musique de Gustav Mahler en 1960. C’est une pensée du temps, cristallisée dans les catégories du roman, de la narration, du conte et plus généralement de l’épique, qui y est déployée, tout en renvoyant à l’horizon entier que constituent les noms du premier Georg Lukács, de Walter Benjamin, de Ernst Bloch, et de Bertolt Brecht. Toutes les lignes significatives de l’œuvre d’Adorno y convergent, incluses ses déterminations musicales : Beethoven, Wagner, Stravinsky et Schœnberg. L’expérience s’avère alors constituer la dimension décisive d’une pensée travaillée de part en part par le problème de la mémoire, et qui apparaît en cela soucieuse du populaire, de sa disparition et de sa sauvegarde. La musique, dans son caractère de langage ou de geste, vient porter cette dialectique de la raison par laquelle Adorno voulait répondre à son époque.

Anne Boissière est professeur à l’Université de Lille III où elle enseigne l’esthétique et dirige le Centre d'Etude des Arts Contemporains. Elle a publié Adorno, la vérité de la musique moderne, Villeneuve d’Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 1999, a coordonné le collectif Musique et philosophie, Paris, CNDP, 1997 et plus récemment, co-dirigé avec Catherine Kintzler Approche philosophique du geste dansé, de l’improvisation à la performance, Presses Universitaires du Septentrion, 2006.

 

Version numérique distribuée par Numilog


SOMMAIRE

Liste des abréviations

Introduction

Chapitre I - Le précédent du jeune Lukács : roman et durée
1. Le roman : l’épopée des temps modernes
2. La durée, élément vital du roman
3. Forme romanesque et durée dans le Mahler d’Adorno

Chapitre II - Dramatique et épique : le temps de la musique symphonique
1. L’idée du drame pour la symphonie
2. La totalité dynamique chez Beethoven
3. La théorie des types : les temps intensif et extensif
4. La destination finale de la musique : Bloch et Adorno

Chapitre III - La musique épique et l’art de narrer
1. Le lyrisme épique des lieder mahlériens
2. La ballade et la prose musicale
3. La banalité du matériau populaire
4. Roman et narration : l’influence de Benjamin

Chapitre IV - Le « temps espace » opposé au « temps-durée » : le mythe et l’épopée
1. Le rythme, le choc : Stravinsky du côté du jazz
2. L’antithèse Mahler/Stravinsky
3. Espace, mimèsis, mort
4. La tendance antimythologique du roman
5. La fin du bergsonisme musical

Chapitre V - L’ambivalence de Wagner
1. Le geste de la battue ou la ruine historique de l’expérience musicale
2. Mythe, conte, nature : jouer Beethoven contre Wagner
3. La fantasmagorie et la disparition de l’élément politique : musique et humanité
4. Sauver Wagner ?

Chapitre VI - Le geste épique de la musique de Mahler
1. Théâtre épique et musique gestuelle
2. Le mimétique, le niais : Benjamin et Adorno
3. L’enfance : le livre d’or de la musique

Conclusion D’une physionomie : l’archaïque tristesse de la musique

Bibliographie

 


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