En 407, au moment où il croit voir s’écrouler
l’Empire romain, Jérôme écrit son commentaire sur
Daniel, « prophète des temps derniers » dont la fin annonce,
selon lui, l’avènement de l’Antichrist et le retour du Christ.
Jérôme répond aussi aux lectures polémiques de Daniel,
notamment aux attaques que Porphyre avait formulées contre le prophète
au IIIe siècle.
L’In Danielem a suscité bien des réactions à
son époque et à la nôtre. Le moine de Bethléem fut
accusé par certains d’avoir été trop bref sur certains
versets, trop long sur d’autres. On lui a encore reproché d’avoir
combattu Porphyre auquel les exégètes modernes donnent aujourd’hui
raison. Mais ces critiques cachent la valeur incontestable de l’ouvrage
qui nous fait accéder à de nombreuses oeuvres anciennes aujourd’hui
perdues.
La présente étude suit pas à pas le travail de Jérôme
dans son œuvre de commentateur : les circonstances d’écriture
et la composition du livre, l’établissement du texte, le travail
sur les sources, la méthode exégétique et la conception
de l’histoire qui sous-tend Daniel. Si le Commentaire sur
Daniel a souvent donné lieu à des études précises
sur des points particuliers, il s’agit du premier travail synthétique
sur l’ensemble des questions posées.
Régis Courtray est maître de conférences
de langue et littérature latines à l’université Toulouse-2-Le
Mirail. Ses travaux portent sur saint Jérôme, les Pères
latins, l’exégèse et les traditions bibliques. Il a publié
plusieurs articles portant, entre autres, sur les lectures anciennes du Livre
de Daniel ou de certaines figures bibliques (Suzanne, Joseph, les deux larrons,
Nabuchodonosor, l’Antichrist).
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