La vertu n'est pas un luxe réservé à
quelques nostalgiques d'une époque à jamais révolue mais
l'adaptation de l'homme à une alliance, c'est-à-dire cette nouvelle
communauté réelle ou idéale, concrète ou abstraite,
en laquelle nous pouvons trouver notre identité et développer
notre liberté. " Rien n'est plus utile à l'homme ",
disait l'auteur du livre de la sagesse. Dans la mesure où une telle perspective
permet de situer convenablement la diversité des systématisations
éthiques, il convient de relire la théologie morale classique
en se demandant à quelle structure d'alliance elle se réfère.
L'étude de cette question implique une attention très spéciale
à saint Thomas d'Aquin puisque cet auteur est à la fois celui
qui récapitule la tradition antérieure et celui qui, par la distinction
de la loi naturelle et de la loi évangélique, oriente le cadre
de pensée ultérieur. La première partie de cet ouvrage
(Sources) fait l'inventaire raisonné des sources historiques de la morale
thomiste. La deuxième partie (Développement) analyse, interprète,
actualise la pensée de saint Thomas d'Aquin. La troisième partie
(Discussion) a pour tâche de vérifier la fécondité
de cette actualisation en montrant comment la théologie ainsi esquissée
permet d'entrer dans un dialogue bienveillant et critique avec les recherches
philosophiques contemporaines qui, loin de se détourner de la question
des vertus, lui redonnent, au contraire, un nouveau souffle.
|