FIGURES DE LA MORT. PERSPECTIVES CRITIQUES, Editions BEAUCHESNE

FIGURES DE LA MORT. PERSPECTIVES CRITIQUES

Recensions (2)

FIGURES DE LA MORT. PERSPECTIVES CRITIQUES
Jean-Marie BROHM
EAN/ISBN : 9782701015231
Année : 2008
18.00 €

La mort présente autant de formes, de figures et de modes d’être que la vie à laquelle elle est dialectiquement liée. Interroger les conceptions et représentations – scientifiques, philosophiques, religieuses et esthétiques – de la mort suppose une évaluation critique de l’anthropo-thanatologie contemporaine qui prétend « étudier » la mort, mais aussi des diverses métaphysiques de la mort qui assignent toutes un sens à la vie, et pour certaines à la vie après la vie ou à la vie après la mort.
Dans une société préoccupée par les questions liées à la « fin de vie » (euthanasie, soins palliatifs, acharnement thérapeutique, « droit à mourir dans la dignité »), les épreuves du deuil et la signification des rites funéraires, l’angoisse de mort subit le double mécanisme d’évitement du refoulement – ou du déni – et de la fascination – ou de l’exaltation mortifère à l’œuvre dans les idéologies de la mort. Parce que toute ontologie de la mort implique nécessairement une ontologie de la vie, la critique du nihilisme, particulièrement celui de l’être-vers-la-mort heideggerien, s’impose comme une priorité politique. Défendre la vie, toutes les vies, c’est en effet refuser de laisser la mort régner sans partage sur notre existence. C’est aussi concevoir un autre rapport aux mourants, à la mort et aux morts. C’est surtout indexer la mort sur la vie et non la vie sur la mort.
La perte d’une personne proche ou d’un membre de la famille est « une menace qui s’approche de nous comme un mystère », ainsi que le souligne Emmanuel Levinas, mais c’est aussi l’expérience bouleversante de la « communauté pathétique des vivants » telle que l’a thématisée Michel Henry. La mort d’un chien, animal psychopompe par excellence et symbole de la fidélité absolue, témoigne que « le meilleur ami de l’homme » participe aussi à cette sympathie universelle qui unit les êtres vivants et perpétue le souvenir des disparus.

Jean-Marie Brohm, Docteur d’État ès-Lettres et sciences humaines, est professeur de sociologie à l’Université Paul Valéry de Montpellier. Membre de l’équipe de recherche en philosophie EA 738 (« Recherches philosophiques. Héritages, frontières, transitions ») et de l’Institut d’Esthétique des Arts et Technologies (UMR 8153 CNRS/Université Paris I, Panthéon-Sorbonne), il est Directeur de publication de la revue Prétentaine et Directeur de la collection « Prétentaine » aux Éditions Beauchesne.



SOMMAIRE

Avant-propos : que faire de la mort ?

Introduction : une question sans réponses

- Analytique de la mort
- Paradigmes de mort ou paradigmes de vie ?
- Critique de la raison mortifère

Socio-anthropologie de la mort ?
De quelques enjeux épistémologiques

- La fiction empiriste
- La transversalité ontologique de la mort
- Monde de la vie et présupposés métaphysiques

L’urgence du suicide

- Violence de la crise suicidaire
- Le symptôme
- Le deuil impossible

Quelle ontologie de la mort ?

- L’impensable de la mort
- L’épistémologie paradoxale de la thanatologie
- Les invariants anthropologiques de la mort
- Les postulations métaphysiques de la thanatologie
- Éthique et ontologie de la mort

Un chien se meurt

- Mélanges symbiotiques
- Traces de chien
- Quand vient la mort
- Un deuil lancinant

Mort et matérialisme historique

- Le corps dans le matérialisme historique
- Division de classe et production de mort
- Corps de classe et exploitation du travail
- Principe de rendement capitaliste et logique de destruction
- Société mortifère et projet d’émancipation

Bibliographie