Le jardin appartient à l'architecture monastique comme
le cloître, l’herbarium clairement dessiné dans
le plan du monastère de Saint-GaIl où s’alignent sagement
les simples cultivés par la tradition monastique pour les remèdes
et le vinum bonum qui revigore le coeur et l'esprit.
En chartreuse le jardin, s’il est celui des légumes et des simples
dont s’occupent les frères convers pour la nourriture et le soin
des moines, il est aussi et avant tout celui de la cellule où le père
chartreux s'exerce à l’humble travail des mains et à l’exercice
du corps afin d’assurer l’équilibre de la vie. Ici rien de
grandiose, mais bien souvent quelques campanules maigres qui s’étirent
au gré des saisons et de l’attention du solitaire dont le jardin
est tout intérieur et spirituel comme en témoignent les textes.
Au XVIIIe siècle, la Chartreuse de Paris dont le parc
du Luxembourg garde la mémoire horticole offre l’exceptionnelle
ressource d’un verger, aux fruits variés et réputés
grâce à l’inventivité des moines.
Ce sont ces quelques aspects du jardin d'herbes, de fruits et d'âme dans
la tradition monastique et cartusienne, qui sont présentés dans
ce livre.
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